Pour le jeudi saint

“Tout crie et chante” dit le psaume 65, texte du jour. Ce psaume est littéralement une action de grâce : une eucharistie en grec, comme un lointain échos à ce à quoi nous faisons mémoire en ce jeudi dit “saint”. 

Déjà, souvenons-nous, l’année passée la mémoire du dernier repas avait un goût de cendre pour tout le christianisme occidental et au-delà ; cendres de la cathédrale Notre Dame de Paris dont la charpente millénaire brulât en quelques heures. L’événement semble loin. Cette année, en pleine période de confinement la célébration fait place au silence. Nous ne boirons pas ensemble à la même coupe ce soir. Demain la mémoire de la mort du Christ semblera presque anodine, un détail, face aux statistiques des milliers de morts du coronavirus annoncées chaque jour.

Aussi dans la situation actuelle combien plus terrible, car combien plus mortelle, que celle que nous connaissions l’an dernier, le texte biblique nous interroge : sommes nous encore capable d’eucharistie, d’action de grâce ? Sommes nous encore capable de dire à Dieu notre merci ? A l’image du Christ Jésus encore capable de dire une bénédiction au soir de sa vie, au moment de la trahison, quand tout s’est noué pour lui ?

Nous aurions pourtant une bonne raison de dire notre reconnaissance : car en même temps que nous sommes confinés, refermés sur nous-mêmes, sauvant nos vies en les enfermant, la nature s’ouvre et s’éveille, le printemps dévoile la beauté du vivant s’épanouissant autour de nous. Sur le plateau ardéchois les jonquilles sauvages ont commencé à fleurir depuis les premiers jours du confinement. Même en ville, le ralentissement de l’activité humaine permet de rencontrer des oiseaux que l’on ne voyait plus, et autre faune sauvage. 

Dans ces premiers jours de printemps, alors que nous sommes confinés : sommes nous encore capable de reconnaissance ? Cette question vaut pour aujourd’hui et pour demain, quand nous sortirons du confinement : serons-nous encore capable de dire à Dieu notre merci, malgré tout ? Derrière cette question vient celle de notre discernement : nous ne sommes peut-être pas encore capable de percevoir quels changements s’imposeront à nous après ce temps mis à part. Peut-être commençons nous seulement à percevoir que les choses ne pourront plus être comme avant. “C’est mort !” disent les jeunes. Sauf à nous aveugler, nous ne pourrons plus vivre comme si de rien était, malgré la tentation d’essayer de faire les choses comme avant.

Mais bien plus que d’essayer de tenir une manière de vivre et de faire, un “système”, un mode de vie, dont la mort est annoncée, la foi ne consiste-t-elle pas à discerner ce que cet événement modifie de nos vies, de nos quotidiens, de nos activités, pour abandonner ce qui conduit à la mort, et continuer d’inscrire la reconnaissance, le merci au coeur de nos vies, le merci à Dieu et aux soeurs et frères ? Alors, dans ce discernement et cette reconnaissance, nous pourrons vivre la fraternité d’une communion renouvelée en celui qui est, qui était et qui vient. Alors oui, avec le Christ, avec le “Dieu notre sauveur, sécurité de la terre entière, jusqu’aux îles lointaines” disait le psalmiste, nous serons passé-e-s de la mort à la vie, plutôt que de nous accrocher à ce qui est déjà mort…

Benoit 

Seigneur, pardonne nos fautes contre l’unité de ton peuple et donne-nous une prière unanime pour toutes les femmes, tous les hommes. 

Apprends nous à travailler pour le bonheur des femmes et des hommes, en construisant le monde selon le dessein de ton amour.

Toi qui a donné ta vie pour nous sauver et nous réconcilier, fais de chacun-e de nous des artisans de paix, des bâtisseurs d’amour

70 ans de Church and Peace

Berlin, 19.05.2019 – A l’occasion du 70e anniversaire du réseau œcuménique européen de Church and Peace, environ 150 personnes membres d’Églises de paix, d’organisations pour la paix, de communautés, d’ami-e-s et d’invité-e-s, venant de 10 confessions et traditions chrétiennes et de 14 pays, se sont réunies. Le 18 mai avait lieu une cérémonie à l’église ré- formée de Moabit à Berlin pour célébrer le passé, le présent et l’avenir sous la devise « ‘ Je vais vous donner un avenir et une espérance’ (Jérémie 29,11 – traduction TOB) – vivre 70 ans de non-violence – résister à la militarisation ».

Temps pour la création – prière du dimanche 5

Donne-nous Seigneur d’affronter le réel du monde :

Faire face aux destructions des forces de la nature,
Pour s’émerveiller devant leur beauté.

aire face à la colère et aux larmes des filles et fils des hommes,
Pour se réjouir avec eux.

Donne-nous Seigneur d’affronter le réel du monde et d’accueillir l’avenir !

Accueillir l’avenir :
Faire advenir la paix autant que possible,
Faire advenir l’amour autant que possible,
Faire advenir la justice autant que possible,
Faire advenir la confiance autant que possible..

Affronter le réel du monde, Seigneur,
Et y témoigner de ton royaume qui vient.

Oui avec toi, un autre monde est possible.

C’est vrai !

Temps pour la création – citation

Partager quelques lignes de Jean-Philippe Barde dans le livre intitulé “crise écologique et sauvegarde de la création”  :

Dès lors la nature n’est ni intouchable, ni immuable ni sacrée. Il ne s’agit pas de préserver une nature divinisée, mais de retrouver une harmonie, une communion, entre l’homme et la nature au sein d’une création voulue par Dieu et en alliance avec lui. Restons donc circonspects face à des assimilations abusives ou des affirmation selon lesquelles il faudrait protéher la nature au motif de son caractère sacré ou divin. Car une nature sacralisée peut devenir intouchable : Dieu ne nous interdit pas de modeler la nature, mais il nous demande de la gérer en bon père de famille, selon son projet d’amour pour l’humanité.

Temps pour la création – projecteur sur le réseau Bible et création

En 2006, un groupe de pasteurs décide de célébrer ensemble dans leurs églises locales respectives, le temps pour la Création proposé par le Conseil Oecuménique des Eglises. Ce mouvement entraîne la naissance, en 2009, du réseau « Bible et Création » afin de doter l’Eglise d’un lieu de partage et d’échange pour les chrétiens qui se préoccupent de l’environnement. Il rassemble des membres d’Eglise qui peuvent être aussi bien théologiens, militants, scientifiques ou universitaires.

Ce n’est ni un collège de scientifiques ou de philosophe, ni un parti ou un groupe politique, ni une association militante. Ce qui rassemble ce réseau, c’est de rechercher ensemble une parole biblique à prononcer sur le sens de cette croyance relative à l’épuisement prochain des ressources de la terre ou sur cette menace de mort qui frappe notre bien commun. Ce qui unit plus précisément, ce n’est pas de contester ou de consolider la véracité de cette croyance ou d’agir collectivement et individuellement en conséquence, c’est de l’examiner à la lumière de la foi chrétienne et de la référer à la seigneurie de Jésus-Christ.

Le réseau est soutenu et accompagné par l’Eglise Protestante Unie de France, par le biais de sa « coordination nationale évangélisation et formation ». Il s’inscrit dans une démarche résolument œcuménique, cherchant notamment à nouer des liens avec les autres partenaires chrétiens.

Plus d’info sur http://blog.bibleetcreation.com/

Temps pour la création – Enercoop

Un des leviers de la lutte contre le réchauffement climatique et pour un monde plus juste c’est notre consommation énergétique. A la maison des Sapins de Caulmont nous avons fait le choix de nous aproviosionner en énergie chez un fournisseur particulier : ENERCOOP

Ce fournisseur est particulier car non seulement il s’engage à fournir une énergie sans nucléaire mais en plus c’est une coopérative.

La vision : une société dans laquelle chacun.e peut accéder à une énergie 100 % renouvelable ; un modèle sobre en énergie, local, organisé dans le cadre d’une gouvernance partagée, transparente et démocratique.

http://www.enercoop.fr/

Temps pour la création – projecteur sur Chrétiens Unis pour la Terre

Qu’est-ce que Chrétiens unis pour la terre (CUT) ?

C’est un carrefour œcuménique pour progresser ensemble, entre chrétiens de différentes confessions, dans le respect de la Création par la prière, la conversion de nos styles de vie et l’action commune dans l’Église et le monde.
Depuis 2012, CUT propose des outils pour le Temps pour la Création en septembre, un Jeûne pour le climat, un accompagnement à un Carême pour la terre, pour vivre un carême écologique.
En 2015, CUT a co-organisé les Assises chrétiennes de l’écologie, en réunissant plus de 80 porteurs d’initiatives qui ont animé des ateliers thématiques durant trois journées, devant 2000 personnes. Pendant les Assises, CUT a organisé des “géo-buvettes” qui ont permis à une centaine d’acteurs de l’écologie de se retrouver par région, c’est à partir de ces recensements, et afin de maintenir le lien (et en créer de nouveaux) que cet Annuaire chrétien de l’écologie est né… à consulter sur le site Internet
Si vous avez envie d’agir près de chez vous mais de vous ressourcer, d’alimenter vos informations et partager votre engagement, n’hésitez pas à les contacter !
CUT rédige et envoie tous les mois une newsletter, “Maison commune” afin de partager les informations sur l’actualité des chrétiens et de l’écologie. Un temps de prière et un temps d’action sont également proposé tous les 2è lundi du mois.

Les associations de Caulmont ne sont pas membres de CUT mais, à la maison des Sapins nous partageons les mêmes préoccupations et la même prière.

Le site Internet : http://www.annuairechretiendelecologie.org/

 

Temps pour la création – méditation

Le 8 septembre dernier il m’a été donné d’apporter la méditation d’ouverture d’une journée préparatoire au forum régional mission en lien avec le réseau Bible et création. Un des textes proposés pour ce jour était un extrait de la 2eme lettre aux Corinthiens, au chapitre 4

Aussi puisque, par miséricorde, nous détenons ce ministère, nous ne perdons pas courage. Nous avons dit non aux procédés secrets et honteux, nous nous conduisons sans fourberie, et nous ne falsifions pas la parole de Dieu, bien au contraire, c’est en manifestant la vérité que nous cherchons à gagner la confiance de tous les hommes en présence de Dieu. Si cependant notre Évangile demeure voilé, il est voilé pour ceux qui se perdent, pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l’intelligence, afin qu’ils ne perçoivent pas l’illumination de l’Évangile de la gloire du Christ, lui qui est l’image de Dieu. Non, ce n’est pas nous-mêmes, mais Jésus Christ Seigneur que nous proclamons. Quant à nous-mêmes, nous nous proclamons vos serviteurs à cause de Jésus. Car le Dieu qui a dit: que la lumière brille au milieu des ténèbres, c’est lui-même qui a brillé dans nos coeurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ.

Cet extrait de la Bible est un peu rude à entendre car il dit une parole de jugement que trace l’Evangile, une parole de séparation entre ceux qui adhèrent et ceux qui le refusent, entre ceux qui entendent la Parole et ceux qui restent soumis au Dieu de ce monde. Pourtant, le projet n’est pas celui d’un jugement mais bien celui de l’adhésion de tous : “nous cherchons à gagner la confiance de tous les hommes” écrit d’abord l’apôtre Paul, puis il précise que si “l’Evangile demeure voilé”, c’est bien du fait du dieu de ce monde. La bonne nouvelle est d’abord universelle et englobante, mais c’est parce que le monde résiste que cette parole devient jugement. Aujourd’hui nous pouvons entendre à nouveau cette bonne nouvelle : “que la lumière brille au milieu des ténèbres, c’est lui-même qui a brillé dans nos coeurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ”. C’est entendre à nouveau une parole de jugement sur ce qui en nous et dans le monde résiste à cette parole : 

Aujourd’hui nous vivons dans une société technicienne, dont la morale est celle de l’efficacité érigée comme valeur et norme suprême : tout est soumis au critère de l’efficacité, tout est devenu moyen, il n’y a plus de finalité. C’est le règne du conformisme absolu, le Normal remplaçant le Bien. Dès que l’on peut faire quelque chose, on le fait, sans se demander si il est bon, s’il est sage, s’il est prudent, s’il est heureux de le faire. Ainsi l’homme court derrière la technique qui a échappé à son pouvoir, une technique devenue autonome et qui nous conduit tout droit vers l’abîme. Mais nous la servons joyeusement, car grâce à elle nous avons pu nous passer de Dieu. Notre rapport à la technique est on ne peut plus religieux, idolâtrique (…) Essayez de profaner l’idole technicienne (la voiture, l’ordinateur, les centrales nucléaires,…), et vous serez taxés de blasphémateurs et de sacrilèges ! Or, leur foi devrait conduire les chrétiens à profaner tous les faux dieux, à commencer par les idoles techniciennes. Profaner ne veut pas dire détruite, mais signifie considérer les œuvres humaines comme de simples objets, à utiliser si elles sont utiles, et à ne pas utiliser si elles sont inutiles ou nuisibles.

Ce texte est de Frédéric Rognon,  tiré d’un article  « Ecologie et technologie : quelle dialectique ? Le regard de Jacques Ellul » du livre publié en 2017 crise écologique et sauvegarde de la création. Profaner le monde pour affirmer la gloire du Christ… c’est en patois théologique une manière de dire que notre foi doit avoir un impact sur notre manière de vivre

Temps pour la création – être locavore ?

joli cèpe
On ne peut plus local : un très beau cèpe ramassé par Roger !

Une des clefs pour réduire son emprunte écologique est de consommer local – être “locavore”. Ce terme a une définition précise : il s’agit de celles et ceux qui s’engagent à ne consommer que des objets produits à moins de 200 km de leur domicile. Derrière l’apparente simplicité de “manger local” se trouve une manière  de vivre refusant les abus de la mondialisation et souhaitant faire avancer les choses sur le plan écologique. Il n’ a là rien de compliqué ni de très contraignant. Cela demande juste de faire ses courses en ayant conscience que c’est là un acte citoyen ! On ne peut pas, sans être totalement schizophrène, acheter une framboise péruvienne en décembre et prier pour un monde plus juste.

Pour aider à la réflexion ou passer à l’action deux sites parmi d’autres : htttp://locavores.fr/ et https://locavor.fr/