Temps pour la création – méditation

Le 8 septembre dernier il m’a été donné d’apporter la méditation d’ouverture d’une journée préparatoire au forum régional mission en lien avec le réseau Bible et création. Un des textes proposés pour ce jour était un extrait de la 2eme lettre aux Corinthiens, au chapitre 4

Aussi puisque, par miséricorde, nous détenons ce ministère, nous ne perdons pas courage. Nous avons dit non aux procédés secrets et honteux, nous nous conduisons sans fourberie, et nous ne falsifions pas la parole de Dieu, bien au contraire, c’est en manifestant la vérité que nous cherchons à gagner la confiance de tous les hommes en présence de Dieu. Si cependant notre Évangile demeure voilé, il est voilé pour ceux qui se perdent, pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l’intelligence, afin qu’ils ne perçoivent pas l’illumination de l’Évangile de la gloire du Christ, lui qui est l’image de Dieu. Non, ce n’est pas nous-mêmes, mais Jésus Christ Seigneur que nous proclamons. Quant à nous-mêmes, nous nous proclamons vos serviteurs à cause de Jésus. Car le Dieu qui a dit: que la lumière brille au milieu des ténèbres, c’est lui-même qui a brillé dans nos coeurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ.

Cet extrait de la Bible est un peu rude à entendre car il dit une parole de jugement que trace l’Evangile, une parole de séparation entre ceux qui adhèrent et ceux qui le refusent, entre ceux qui entendent la Parole et ceux qui restent soumis au Dieu de ce monde. Pourtant, le projet n’est pas celui d’un jugement mais bien celui de l’adhésion de tous : “nous cherchons à gagner la confiance de tous les hommes” écrit d’abord l’apôtre Paul, puis il précise que si “l’Evangile demeure voilé”, c’est bien du fait du dieu de ce monde. La bonne nouvelle est d’abord universelle et englobante, mais c’est parce que le monde résiste que cette parole devient jugement. Aujourd’hui nous pouvons entendre à nouveau cette bonne nouvelle : “que la lumière brille au milieu des ténèbres, c’est lui-même qui a brillé dans nos coeurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ”. C’est entendre à nouveau une parole de jugement sur ce qui en nous et dans le monde résiste à cette parole : 

Aujourd’hui nous vivons dans une société technicienne, dont la morale est celle de l’efficacité érigée comme valeur et norme suprême : tout est soumis au critère de l’efficacité, tout est devenu moyen, il n’y a plus de finalité. C’est le règne du conformisme absolu, le Normal remplaçant le Bien. Dès que l’on peut faire quelque chose, on le fait, sans se demander si il est bon, s’il est sage, s’il est prudent, s’il est heureux de le faire. Ainsi l’homme court derrière la technique qui a échappé à son pouvoir, une technique devenue autonome et qui nous conduit tout droit vers l’abîme. Mais nous la servons joyeusement, car grâce à elle nous avons pu nous passer de Dieu. Notre rapport à la technique est on ne peut plus religieux, idolâtrique (…) Essayez de profaner l’idole technicienne (la voiture, l’ordinateur, les centrales nucléaires,…), et vous serez taxés de blasphémateurs et de sacrilèges ! Or, leur foi devrait conduire les chrétiens à profaner tous les faux dieux, à commencer par les idoles techniciennes. Profaner ne veut pas dire détruite, mais signifie considérer les œuvres humaines comme de simples objets, à utiliser si elles sont utiles, et à ne pas utiliser si elles sont inutiles ou nuisibles.

Ce texte est de Frédéric Rognon,  tiré d’un article  « Ecologie et technologie : quelle dialectique ? Le regard de Jacques Ellul » du livre publié en 2017 crise écologique et sauvegarde de la création. Profaner le monde pour affirmer la gloire du Christ… c’est en patois théologique une manière de dire que notre foi doit avoir un impact sur notre manière de vivre

Temps pour la création – être locavore ?

joli cèpe
On ne peut plus local : un très beau cèpe ramassé par Roger !

Une des clefs pour réduire son emprunte écologique est de consommer local – être “locavore”. Ce terme a une définition précise : il s’agit de celles et ceux qui s’engagent à ne consommer que des objets produits à moins de 200 km de leur domicile. Derrière l’apparente simplicité de “manger local” se trouve une manière  de vivre refusant les abus de la mondialisation et souhaitant faire avancer les choses sur le plan écologique. Il n’ a là rien de compliqué ni de très contraignant. Cela demande juste de faire ses courses en ayant conscience que c’est là un acte citoyen ! On ne peut pas, sans être totalement schizophrène, acheter une framboise péruvienne en décembre et prier pour un monde plus juste.

Pour aider à la réflexion ou passer à l’action deux sites parmi d’autres : htttp://locavores.fr/ et https://locavor.fr/

Temps pour la création – Prière du dimanche 3

Quand le soleil perce le brouillard
Quand le vent fait bouger les branches
Quand la pluie rafraîchit la terre desséchée
Quand le ciel bleu ouvre notre horizon de lumière
Quand le nuage vient voiler un soleil parfois trop fort
Quand la neige recouvre enfin le monde de paix et de beauté

Je crois Seigneur
Je crois que je te reconnais dans chaque élan de vie
Je crois que ta présence me conduit à l’adoration
Je crois que ta louange germe dans la contemplation du monde.

Ouvre mes mains, Seigneur, je peux tout recevoir de Toi
Ouvre mes yeux, pour te reconnaître ici et maintenant
Ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera ta louange
Ouvre mon cœur, pour me donner de vivre ton amour
C’est vrai.

Temps pour la création – marcher ensemble

Le temps de la création a cette année pour thème “marcher ensemble”.

En cheminant ensemble nous suivons l’exemple de Jésus qui a marché avec ses amis sur les routes vers Jérusalem. En parcourant les chemins de sa communauté, et au-delà, Jésus nous a invité à rencontrer Dieu par sa présence en sa création. Que ce soit en considérant “les lys des champs”, les “oiseaux du ciel” ou  le “grain de blé qui tombe en terre”, la bonne nouvelle est étroitement liée aux merveilles de la nature.

Vous trouverez plus de ressources sur le temps de la création sur le site : https://seasonofcreation.org/fr/home-fr/ Ce site  propose notamment cette bénédiction de marche :

Pèlerin, tu vas aller dans le désert de la terre et de ton coeur :

Que tu expérimentes la grâce de la présence de Dieu !

Que tu sois immergé dans l’amour de Dieu pour apprendre à se laisser aller et à nager !

Que tu t’engages profondément et radicalement avec le monde naturel en tant qu’intendant, co-créateur et ami !

Que tu boives à nouveau à la source divine, le courant d’eau vive !

Que tu transforme les eaux stagnantes de ton esprit en fleuve d’eau vivre !

Que tout ce qu est mort en toi ressuscite !

Dieu est là. La rivière t’attend. Que l’aventure commence.

Temps pour la création – construire la paix et protéger la création

“Si tu veux construire la paix, protège la création” ce titre est celui du message du Pape Benoît XVI lors de la journée mondiale de la paix le 1er janvier 2010. Un 11 septembre, date anniversaire funeste, nous pouvons nous rappeler que le lien entre paix et écologie est indissociable. Voici un extrait du message donné en 2010 par le Saint Père :

L’Eglise a une responsabilité vis à vis de la création et elle pense qu’elle doit l’exercer également dans le domaine public, pour défendre la terre, l’eau et l’air, dons du Dieu créateur à tous, et, avant tout, pour protéger l’homme du danger de sa propre destruction. La dégradation de la nature est, en effet, étroitement liée à la culture qui façonne la communauté humaine, c’est pourquoi “quand l'”écologie humaine” est respectée dans la société, l’écologie proprement dite en tire aussi avantage” (Caritatis in veritate n51). On ne peut exiger des jeunes qu’ils respectent l’environnement, si on ne les aide pas, en famille et dans la société, à se respecter eux-mêmes : le livre de la nature est unique, aussi bien à propos de l’environnement que de l’éthique personnelle, familiale et sociale. Les devoirs vis à vis de l’environnement découlent des devoir vis à vis de la personne considérée en elle-même, et en relation avec les autres. (…)

Si tu veux construire la paix, protège la création. La recherche de la paix de la part de tous les hommes de bonne volonté sera sans doute facilitée par la reconnaissance commune du rapport indissoluble qui existe entre Dieu, les êtres humains, et la création toute entière. Les chrétiens, illuminés par la Révélation divine et suivant la Tradition de l’Eglise, offrent leur contribution propre. Ils considèrent le cosmos et ses merveilles à la lumière de l’oeuvre créatrice du P7re et rédemptrice du Christ qui, par sa mort et sa Résurrection, a “tout réconcilié sur la terre et dans les cieux” (Col. 1, 20) avec Dieu.

Le Christ, crucifié et ressuscité, a fait don à l’humanité de son Esprit sanctificateur qui conduit le cours de l’Histoire, dans l’attente du jour où le retour glorieux du Seigneur inaugurera “un ciel nouveau et une terre nouvelle” (1 P 3, 13) où résideront pour toujours la justice et la paix. Toute personne a donc le devoir de protéger l’environnement naturel pour construire un monde pacifique. C’est là un défi urgent à relever par un engagement commun renouvelé.

Temps pour la création – réduire sa consommation de viande

Un des leviers d’action sur notre emprunte écologique, sur notre lien à la nature et à l’environnement passe par ce que nous mangeons. Mais plus que ça, notre rapport à notre alimentation dit aussi comment nous nous pensons en tant qu’homme.

Depuis quelques années les options végétarienne et vegan ont pris une belle place médiatique que ce soit du fait de leurs partisans ou de leurs opposants. On peut par exemple penser aux scandales sur les abattoirs qui sortent comme une “nouvelle” du fait de militants de la cause animale, alors qu’au début du XXe siècle Upton Sinclair signait déjà un livre “the jungle” qui décrivait les abattoirs américains avec leurs horreurs, leurs odeurs, et leurs rats.  La manière avec laquelle nous traitons les animaux et clairement un indicateur de notre humanité. Ainsi, dans son livre “un éternel treblinka”, l’historien Charles Patterson met clairement en lumière comment notre manière de nous considérer comme maître des autres espèces, nous arrogeant le droit d’exterminer les autres, est un modèle de pensée qui conduit au totalitarisme.  Patterson nous livre une lecture éloquente de l’histoire en trois étapes : 1 – l’adoption du travail à la chaine dans les abattoirs de Chicago inspirant 2 – Ford et sa spécialisation du travail qui 3 – inspirera l’organisation des camps d’exterminations nazis (Ford a été nommément remercié par Hitler dans Mein Kampf).

Cette lecture de l’histoire peut sembler contestable quand on est seul face à son steack. Mais, en France, on tue plus d’un milliard d’animaux dans les abattoirs chaque année. (https://www.viande.info/viande-lait-oeuf site de L214 ). Un milliard d’animaux !  Ce chiffre appelle réflexion, non ? Est-ce qu’il y a necessité à abattre 15 bêtes  par ans par personne : cochon, boeuf, poulet, dinde, etc.

Comme le dit le titre d’un livre de Jane Goodall que “nous sommes ce que nous mangeons”. Pour certains la réponse à cette situation d’industrialisation de la mort animale passe par le végétarisme ou le veganisme. A la maison des Sapins nous avons pris deux options : 1- la limitation de la consommation de viande – la table commune en propose deux fois par semaines et elle est toujours présentée comme un plat à part, et 2 – la consommation d’une viande locale, par exemple nous nous fournissons en viande bovine chez nos voisins du Gaec d’Ambessier.

Temps pour la création – prière du dimanche 2

Tu es, Eternel Dieu.
Présence silencieuse au cœur du monde
Présence silencieuse pour celui qui croit
Présence silencieuse d’une Parole ineffable
Tu veux pour chacun la foi, l’espérance et l’amour.

Tu es dans le sourire et dans la larme,
Tu es dans la fleur et dans la feuille morte,
Tu es dans la source et dans la mer,
Tu es dans la vie et Tu es par-delà la vie.

Tu es, Eternel Dieu.
Au cœur de ce monde nous te reconnaissons
Comme possibilité de résurrection
Comme élan pour chacune de nos vies.  C’est vrai.

Temps pour la création – lien entre écologie et spiritualité

Une des questions souvent posée quand un lieu d’église aborde l’écologie est celle du sens : qu’est-ce qui autoriserait, légitimerait, donnerait pertinence à un lieu dit “spirituel” de parler de notre rapport “au monde” ? On entend là, la représentation moderne entre le spirituel qui serait le surnaturel et le matériel qui serait le naturel – deux étages d’un monde, l’un au dessus de l’autre, qui seraient étanches l’un à l’autre. Nous partageons ici une belle réponse à cette question,  trouvée sous les mots de Vandana Shiva, militante indienne de la révolution écologique.

“La spiritualité, à mon avis, c’est la conscience du fait que nous sommes liés à l’univers qui est lui-même en liaison avec un univers encore plus grand. Perdre cela de vue donne justement lieu à une perte de sens. Il faut rester conscient – des points de vue matériel et spirituel – de ce qui nous fait vivre, de ce qui nous fait avancer, il faut veiller à ce que notre esprit ne soit pas envahi par les illusions qui déferlent sur nous. Prenons un exemple parmi d’autres, la géo-ingénierie qui tente de nous faire croire que l’on parviendra à corriger le réchauffement climatique avec des technologies futuristes (parasols géants, ensemencement des océans…). Elle présuppose que nous avons le dessus sur tout, que rien ne nous transcende. C’est une conviction absurde, prétentieuse et dangereuse.  Cela dit, à mon sens, il n’existe pas de populations qui vivent dans un état de nature et d’autres qui vivraient dans un état aliéné. Non, en réalité, dans chaque communauté il existe un potentiel qu’il faut savoir identifier pour savoir s’en servir comme d’un levier pour avancer. ” (V.Shiva, N.Hulot, Le cercle vertueux, p. 122)

Ce qui nous fait vivre ne se cloisonne pas entre naturel et surnaturel, entre matériel et spirituel. En reprenant une image biblique on peut alors rappeler que quand le poète de la création dit que Dieu trace le firmament il sépare “les eaux d’en haut” des “eaux d’en bas”, mais les deux espaces sont les mêmes “eaux”, primitivement unifiée. La reconnaissance de l’existence “d’un ciel” – les eaux d’en haut – ne nous invite pas à nous dépréoccuper de “ce monde” – les eaux d’en bas. Pour le dire autrement croire en Dieu pose une limite à nos fantasmes de toute puissance, invite à réaliser dans l’humilité que nous n’avons pas d’autres mondes que cette terre où faire germer le royaume – ce qui nous fait avancer.