Prier pour le monde dans un été de feu ? Lors de chaque messe et de pratiquement tous les cultes, les chrétien·e·s prient pour le monde. Que l’on appelle cette prière l’intercession, la prière universelle, ou des intentions de prière nous prenons le temps de prier pour ce monde.
Quel sens prend cette prière dans un été de feu et de sec ? Nous posons des mots sur ce qui arrive au vivant devant le Dieu Vivant. Dire le désarrois de toute vie face au manque d’eau en faisant face à la source d’Eau Vive. Réaliser au plus profond de soi, et devant Dieu, combien l’aridité qui est là, l’aridité qui viendra de plus en plus, est signe de notre aridité intérieure.
Prendre le temps de la prière pour ce monde, ce n’est pas cultiver le mythe d’un «ça va aller » ou d’un « ça va passer ». Non. Il nous faut entendre le discours des sciences qui dit le réel du monde. Le réchauffement climatique est une donnée scientifique incontestable. Nous vivons une extinction de masse. Le vivant s’effondre à l’image des icebergs et des glaciers qui s’écroulent dans l’océan. Nous vivons et nous allons vivre un deuil massif, pour celles et ceux qui survivront. Car nous en sommes là : deuil et danger de mort.
Il ne s’agit pas de faire de l’écologie une idéologie ou une option politique. Nous n’en avons plus le temps. Les refrains d’une écologie punitive tenue par des éco-terroristes n’a plus lieu d’être. Mais face à ce constat de mort et de deuil, face à ce constat scientifiquement établi, lucide et dramatique, prendre le temps de la prière pour ce monde, c’est : ne pas renoncer à l’espérance. Bien au contraire : dire notre espérance, et nous mobiliser pour elle. En dehors de tout discours idéologique et politique espérer pour le vivant face à la mort.
Dans un été de feu et de sec, dans le désarroi de la mort et du deuil : 91000 hectares sont partis en fumée au 1er aout depuis le début de l’année 2026, les feux ont tué 82 personnes depuis le début de l’année, et combien d’êtres humains ont-ils perdu leurs maisons ? Et combien d’êtres vivants ont ils été brûlés : insectes, vers, mammifères, oiseaux ?
L’écologie devient une question de survie : comment continuer à habiter ce monde que nous rendons de plus en plus inhabitable ? Prier pour le monde c’est porter cette question devant le Dieu Vivant en se rappelant que ce monde, marqué par la mort et la cendre, est création de Dieu. Se rappeler que ce monde est création de Dieu, que : « Dieu vit que cela était bon ». Que ce monde est le lieu d’un projet de Dieu : « Il a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils ». Bonté, tendresse, amour, salut, liberté : ces mots venus de Dieu nous disent une bonne nouvelle pour chacune de nos vies et pour toute la création. Tenir l’espérance face à la mort et au deuil. Tenir le projet de Dieu face à l’aridité qui est là et qui arrivera de plus en plus, signe de l’aridité de nos cœurs. Nous avons à nous mobiliser individuellement et collectivement pour protéger la vie, pour protéger nos vies.
prier vers le temps pour la création :

C’est alors que va s’ouvrir le 1er septembre, le temps pour la création sur le thème de l’eau vive. A partir d’un extrait du livre d’Ezéchiel qui décrit une source au cœur du temple de Jérusalem, nous sommes invités à prier pour ce monde. Prier pour le monde… un extrait de la prière proposée pour ce temps pour la création :
Seigneur de toute vie, tu as promis que partout où coule le fleuve, tout vivra.
Suscite en nous l’appel à prendre soin des eaux, à protéger les bassins versants, à défendre les
droits de l’eau et à honorer la dignité de celles et ceux qui ont soif.
Que ta Parole soit une source en nous, jaillissant pour la guérison des nations.
Que Dieu notre Père, qui a fait jaillir l’eau du rocher, nous soutienne dans le désert.
Que le Christ notre Seigneur, qui est l’Eau vive, nous rafraîchisse pour l’œuvre de restauration.
Et que le Saint-Esprit nous porte sur les courants de la grâce jusqu’à ce que la justice coule comme les eaux et la vertu comme un ruisseau qui ne tarit jamais.
Benoît




Qu’est-ce que Chrétiens unis pour la terre (CUT) ?