Communion et amitié, rencontre avec Anba Thomas
Echo de la rencontre avec Anba Thomas la communion est une amitié dans la foi, c’est ce que je retiens de ces quelques moments passés avec Anba Thomas, évêque du diocèse de Quseya en moyenne Egypte Métropolite de l’église copte orthodoxe, fondateur du centre spirituel d’Anaphora. Un weekend hautement œcuménique les 8, 9 et 10 mai !

Quand dans l’oratoire du sanctuaire Notre Dame de Grâce à Chambles, le vendredi 8 mai au matin, le pasteur Pierre Blanzat – chargé des relations avec les église chrétiennes de la FPF – ouvre la journée avec la lecture de l’évangile, il nous donne à entendre ce passage de Jean au chap. 15 où il est question d’amitié : « je vous appelle amis parce que tout ce que j’ai entendu auprès du Père je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis… ». Et avec la méditation qu’il nous partage, il fait circuler l’icône des deux amis – icône du Christ et de l’abbé Ména – œuvre copte datant du VIIIe siècle et conservée au musée du Louvre. Clin d’oeil personnel j’ai la reproduction de cette icône par les ateliers de Taizé sur mon bureau. La journée a été animée par le père Thierry Magnin avec les amis d’Anaphora.
L’amitié et la simplicité des relations partagées c’est ce qui reviendra lors du bilan à la fin du weekend au Moutier chez les soeurs diaconesses de Reuilly qui a permis de poursuivre la rencontre. Un beau weekend autour d’Anba Thomas vécu avec différentes communautés et communions priantes du protestantisme : la communauté de Taizé, l’union de prière de Charmes, le centre de retraites de l’Esperluette, les diaconesses de Reuilly mais aussi des membre du COEHL (comité œcuménique de la Haute Loire) et encore les amis d’Anaphora.

Communion et amitié enfin c’est ce que nous avons partagé avec les membres de toutes les églises du plateau lors du culte du dimanche matin, au temple du Mazet Saint Voy.

Anba Thomas, moine devenu évêque à 31 ans et aujourd’hui Métropolite de l’église copte orthodoxe a fondé Anaphora en 1999. Ce lieu, a quelques kilomètres des monastères historiques du désert égyptien, est marqué par une vision sociale, philosophique et humaniste de forte : « accueillir toute la personne, toutes les personnes, élever chaque personne ». Anba Thomas trace ainsi en Egypte un chemin vers une société plus égalitaire, notamment sur le sujet de l’égalité hommes femmes, plus inclusive, plus éduquée, plus spirituelle, ouverte sur le monde et donnant à chacun sa chance. C’est ce beau témoignage qu’il est venu partager avec nous.
La vision d’Anafora est née de ce besoin viscéral de créer une passerelle entre tous groupes ou catégories de population. Comment imaginer un espace où il serait possible d’incarner ce visage de Dieu, cette vision que Dieu a pour nous, en restaurant l’image du Christ au-dedans de nous ? Comment favoriser la qualité d’une vraie rencontre ?
L’image qui m’est venue est celle de quelqu’un qui marche dans un tunnel froid et obscur… Quand je suis dans ce tunnel, de quoi ai-je besoin ? Certaines personnes souhaiteraient avoir une lampe torche pour s’éclairer, d’autre un manteau pour se tenir chaud… Moi j’ai besoin d’une main à tenir, d’une personne qui marche avec moi… et si cette personne possède une lampe torche ou un manteau c‘est bien, sinon la chaleur de la relation c’est mieux… et je marche avec !
Et je pense qu’Anafora doit être cette main, l’expérience d’une relation, d’une rencontre avec chaque personne qui vient ici. Parmi elles, il y a des personnes très riches mais auxquelles il manque la chaleur de la relation. Il y a aussi des gens très pauvres qui ont besoin d’attention, de soin, mais au-delà des apparences c’est toujours de leur humanité dont il est question. C’est précisément pour cela que l’humanité et la spiritualité ne peuvent être séparées, elles vont toujours ensemble. La juste altitude de la spiritualité c’est l’humanité, parce que l’humanité, c’est le visage de Dieu, c’est l’image de Dieu.
Métropolite Anba Thomas
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