4ème lecture de carême

4ème lecture de carême

4ème lecture de carême : Milo Manara, Le nom de la rose tome 2 – Glénat 2026

Fin janvier 2026 vient de paraître le 2ème tome de l’œuvre de Manarat qui s’inspire du roman d’Umberto Eco : le nom de la rose.

C’est la deuxième partie du roman qui est dessinée ici. La première s’ouvrait avec la citation d’Umberto Eco : « quand j’ai envie de me détendre, je lis un essai d’Engels ; si, au contraire, je veux me pencher sur quelque chose de sérieux, je lis Corto Maltese ». Oui, la BD peut être un art sérieux et « pour les grands » (l’éditeur conseille l’œuvre au plus de 16 ans). Plus qu’une enluminure, le dessin de Manara aussi puissant que détaillé laisse une très belle place au texte. C’est une merveilleuse adaptation qui se termine ici avec ce deuxième volume.

Faut-il présenter l’intrigue ? Le nom de la rose est le récit d’une enquête criminelle au cœur d’un monastère il y a 699 ans. Le texte d’Eco met en tension autant la quête d’un assassin que les nombreuses questions théologiques du Moyen Age ; questions dont la plus visible est celle de la pauvreté prônée par les Franciscain qui heurte la noblesse ecclésiale de son temps.

Le personnage principal, Guillaume de Baskerville est un frère franciscain, accompagné d’un novice Adso de Melk. Guillaume est chargé d’une mission diplomatique mais il devra d’abord enquêter sur les crimes commis au sein de l’abbaye. Héros du roman il exprime une volonté de justice, une défense des hérétiques et des franciscains spirituels, tout en dénonçant ses démêlés avec l’Inquisition et notamment avec Bernard Gui qui le fit emprisonner.

4ème lecture de carême – après éloge de la relationalité – l’eau de la relève et la peste – genèse de JB Callicott – d’autres conseils de lecture sont donnés dans la revue Nouvelles de la communion de Caulmont…

4ème semaine de carême

4ème semaine de carême

4ème semaine de carême, nous poursuivons notre chemin de carême avec la lecture du livre du collectif Anastasis : Urgence évangélique. En fin d’article tu peux télécharger l’intégralité de ce chemin de carême.

Si « les derniers seront les premiers » constitue la loi constitutionnelle du Royaume, alors les premiers, les déjà inclus, ne sauraient rester indemnes mais sont amenés à être destitués de leur situation de privilège et le chamboulement des places doit susciter de nouvelles formes culturelles. 

Le fascisme n’est pas un ennemi comme un autre pour le christianisme : il en est l’ennemi mortel, parfois intérieur à nous-mêmes, chrétiens et chrétiennes, précisément par sa tentative d’en constituer une image difforme. Le fascisme singe la puissance de communion portée par le Christ, à travers son désir de fusion des individus dans une communauté uniforme produite par le Chef, le Duce, le Führer, l’homme providentiel. Contre cela, la communion chrétienne brise l’homogénéité hégémonique de la communauté et exalte le divers du nous, dans lequel chacun est appelé par son nom personnel. Plus pernicieux encore, le fascisme singe l’invitation paulinienne à devenir un « homme nouveau » (Eph. 4, 24). La nouvelle humanité qu’il dessine se veut plus « virile », plus endurante, plus brute, plus conquérante. La forme de vie à laquelle appelle l’Evangile consiste au contraire à chercher la vie heureuse avec courage et force d’âme, dans la pratique du soin, dans l’humilité et la reconnaissance de ses propres aveuglements, dans la mise à bas des hiérarchies entre les êtres, voire dans l’établissement d’une hiérarchie inverse qui glorifie les humiliés. L’homme nouveau fasciste n’est pas très nouveau, c’est un viriliste à l’ancienne, caricatural, dont chacun sait ce qu’il prépare : la violence. Son retour est d’autant plus insupportable que le dévoilement public, par les luttes féministes, du continent des violences sexistes et sexuelles qui lacèrent le tissu social et les vies familiales, faisait espérer le développement d’une société du soin. Couvrir ce virilisme du manteau du christianisme relève du grotesque. 

Urgence évangélique p. 33-35

carême 2026

Résonance de carême : 

L’évangile est prédication du royaume qui vient. Ce royaume dans les Ecritures est souvent comparé à une table ouverte, à laquelle notre humanité est invitée très largement. Table commune, image de la communion donnée. Table ouverte, le royaume peut aussi être comparé à une maison dont la porte ne se ferme qu’après que les invités y soient toutes et tous entré-e-s. Alors pour participer à ce royaume il nous faut accepter d’être invité. 

Accepter d’être invité, c’est d’abord reconnaître que nous ne sommes pas chez nous. Le royaume est celui de Dieu et nous n’avons pas à vouloir prendre la place sur le trône. C’est encore : accepter d’être les destinataires de la même invitation que les possédés, les lépreux, les prostituées, et toutes les minorités, et tous les exclus. Nous ferons table commune, écho d’une communion donnée entre toutes celles et ceux qui renoncent à toutes prétentions pour entrer dans la tendresse de Dieu. Enfin, accepter d’être invité, c’est se mettre en route pour se rendre là où nous sommes attendus sans savoir si la place d’honneur nous est réservée, mais peu importe car nous serons à la table du roi et nous y serons appelés par notre nom. 

La nouvelle humanité à laquelle nous invite ce royaume n’est pas le fait d’une performance virile, de la soumission à un chef ou d’une participation au pouvoir de quelques-uns comme le sous-tend l’idéal fasciste. Cette nouvelle humanité naît dans le partage, la confiance et l’amour. 

Au delà de cette méditation pour la 4ème semaine de carême tu peux retrouver des méditations et prières ici

rencontre 2026 des Dialogue et Recherche Communautaires de la FPF

rencontre 2026 – Dialogue et Recherche Communautaires

La rencontre 2026 des Dialogue et Recherche Communautaires de la FPF s’est tenue à Versailles chez les sœurs diaconesses de Reuilly du jeudi 5 au dimanche 8 mars. 

rencontre 2026 des Dialogue et Recherche Communautaires de la FPF

Nous nous sommes retrouvés pour la sainte cène présidée par le pasteur Jean Raymond Staffacher secrétaire général de la Fédération Protestante de France. Jean Raymond nous a apporter un très beau message à partir de la finale du psaume 119.  Une méditation qui récuse toute lecture légaliste de ce psaume. Car aimer la Loi ne donne aucun mérite à exhiber. C’est, au contraire, disait Jean-Raymond : « se tenir plus découvert devant Dieu. Plus exposé. Non pas du côté de la performance, mais du côté de la grâce qui vient chercher. Il y a ici de quoi nourrir notre contemplation de Carême. Le Christ n’est pas seulement celui qui accomplit parfaitement la Loi ; il est celui qui rejoint l’errance humaine.  Il est le Juste, et pourtant il se tient du côté des perdus.Il ne se contente pas d’indiquer le chemin : il va chercher la brebis.  La prière du psalmiste — « viens me chercher » — reçoit en Christ une réponse incarnée. Par Lui, Dieu ne demeure plus à distance de notre fragilité ; il entre dans nos chemins incertains, il assume la vulnérabilité humaine jusqu’à la croix ». 

Cette méditation a été une très belle ouverture pour notre rencontre.  Les communautés et communions membres de la FPF étaient bien représentées par Sœur Violaine pour les Diaconesses de Reuilly (sœur Anne nous a fait la joie d’être présente pour certains moments à cause d’une opération récente) , Andrée pour Penouël, Sœur Sylvie pour Moriah, Sœur Claudine pour les Diaconesses de Strasbourg à Strasbourg, et Sœur Salomé pour les Diaconesses de Strasbourg au Horodberg, Sœur Marthe Elisabeth pour la communauté de Pomeyrol, Patrick pour la fraternité spirituelle des Veilleurs, David pour l’Union de Prière de Charmes Sur Rhône, Pierre pour la communauté Rencontre, et je représentais Caulmont. Nous avons regretté quelque absences, Sœur Mireille et Marie de Goshen, notamment, que nous avons porté dans la prière. La page de nos ouvertures œcuméniques présente la plupart de ces communautés.

Des communautés invitées étaient également présentes : la communauté du chemin neuf avec Evelyne, la communauté Saint Nicolas de Strasbourg représentée par Stéphane, les orants de la réconciliation avec  Violaine et Jean-François

Les frères et sœurs de Suisse étaient nombreux : Sœur Laurence de Saint Loup, Sœur Pascale de Grandchamp, Alexandre de la communauté Don Camillo, Martin des Focolari. 

Nos rencontres peuvent être résumées en deux grands axes : la rencontre, le partage et le témoignages des uns et aux autres de l’évolution de nos vies et nos liens communautaires pour une part. Dans ce cadre nous avons reçu le directeur adjoint de la fondation des diaconesses de Reuilly qui est venu nous entretenir de la perception du lien entre les institutions et la communauté.

Une rencontre sur la paix :

D’autre part nous avons partagé une réflexion sur le thème de la paix. Nos méditations ont été conduites par Sœur Anne-Cathy du Chemin Neuf matins et soirs : la paix pour nos communautés, mais la paix aussi dont elles doivent être les témoins. Ce thème avait été fixé bien avant que la situation des guerres multiples que connaît la terre, s’aggrave encore ces derniers jours par le conflit au Moyen Orient. Anne Cathy nous a guidé dans cette réflexion à travers un parcours partant des Actes des Apôtres et remontant à l’institution de la Cène (dans l’évangile selon St. Luc) en passant par l’apparitions du Ressuscité aux disciples et à Thomas (dans l’évangile selon Jean). Je retiens de ce parcours notamment que la paix se trouve en travaillant sur nos différences non pas dans la défiance, mais dans l’émerveillement, sans avoir peur de la diversité qui est voulue par Dieu. Ainsi nous pouvons faire de nos différences des lieux d’hospitalité, où l’autre est accueilli sans condition. 

En écho à cette réflexion et à nos rencontre nous avons partagé deux moments de détente. Un atelier artistique animé par Maryse Grousson sur le thème de la paix et dont la production collective se trouve ci-contre. Et la projection du film le festin de Babette.

Au bilan :

Une très belle rencontre 2026 des Dialogue et Recherche Communautaires !

Benoit

rencontre 2026 dialogue et recherche communautaires

3ème lecture de carême

3ème lecture de carême

3ème lecture de carême : Arturo Escobar, Michal Osterweil, Kriti Sharma, Eloge de la relationnalité  Actes Sud, Voix de la terre, 2025 

3ème lecture de carême

Nous avions déjà parlé de ce livre dans le n°212 des Nouvelles de Caulmont à l’automne.

Comment déconstruire le récit dominant de nos sociétés qui engendre injustices, crises et destructions ? Cette questions les auteurs la développent : « est-il possible de libérer la pensée moderne du cadre contraignant qui est le siens actuellement, pour qu’elle se déploie autrement ? Pour lui permettre d’entendre la douleur de la Terre et d’écouter la sagesse de ses porte-paroles ? Nous réencastrer dans la Terre et nous considérer désormais comme des êtres appartenant à la terre, pris dans le flux de la vie (expérience qui a été celle de nombreux peuples-territoires pendant des milliers d’années) : est-ce la solution ? » p. 109s

À travers l’émergence de multiples actions qui rendent visible le potentiel de la mise en relation, les auteurs nous invitent à penser la vie comme un tissus de relations. Un essai brillamment écrit à trois voix. Un livre qui ouvre plein de questionnements sur notre manière de vivre et sur nos liens les uns avec les autres ainsi qu’avec la création. 

3ème lecture de carême après l’eau de la relève et la peste – et la genèse de J.B. Callicott.

3ème semaine de carême

3ème semaine de carême

3ème semaine de carême, nous poursuivons notre chemin de carême avec la lecture du livre du collectif Anastasis : Urgence évangélique. En fin d’article tu peux télécharger l’intégralité de ce chemin de carême.

L’extrême droite chrétienne n’hésite pas à mobiliser l’Evangile pour lui faire dire ce qu’il ne dit pas. En particulier, elle interprète la notion de « prochain » comme opposée à celle de « lointain » pour lui faire dire qu’il invite avant tout à aimer ceux qui nous ressemblent. Aimer son prochain, ce serait alors aimer sa famille, ses voisins, sa patrie, avant d’aimer l’étranger et le différent. Le prochain serait celui qui partage avec moi des caractéristiques propres. Cette thèse dite de l’ordo amoris (ordre de l’amour), J.D. Vance l’a défendue avec assurance lors d’une interview exclusive à la chaine de télévision FoxNews, à la fin du mois de janvier 2025. C’était compter sans le fait que deux semaines plus tard, le pape François allait le contredire très explicitement, dans une lettre adressée aux évêques des Etats-Unis et largement relayée par les médias. Surtout, dès le début de la prédication en Galilée, le Christ insiste sur le fait que nul n’est prophète en son pays, car chaque prophète invite sa société à ne pas se fermer sur elle-même : Elie guérit une veuve étrangère, Elisée un lépreux syrien, et le Christ passera son temps à aimer les « autres » d’Israël, Samaritaine, centurion romain, publicain… dès le Sermon sur la montagne, l’insistance porte sur la nécessité d’un amour qui dépasse le cercle des proches : «  si vous ne saluez que vos frères, que faites vous d’extraordinaire ? (Mt. 5, 47). Le prochain devient celui dont je me trouve être proche, dont j’ose me faire proche. Celui que je ne pensais pas aimer en priorité, un inconnu agressé et dont je croise la route, Zachée qui collecte les impôts pour l’envahisseur, la Syro-Phénicienne étrangère d’une autre religion, la prostituée dont la simple présence embarrasse. Qui est le prochain ? Celui auquel je ne peux m’identifier. Celui qui me déstabilise, dont le visage me « vise », comme l’écrit le philosophe E. Levinas, c’est-à-dire me trouble, m’empêche de rester moi-même, m’oblige à faire quelque chose, à commencer par lui parler. Le prochain est l’étrange qui me bouleverse. Aimer son prochain ne saurait certainement pas signifier n’aimer que ses proches, que ceux qui partagent avec nous les caractéristiques propres à un groupe, mais aimer celles et ceux que l’on rencontre indépendamment de leurs appartenances. 

Urgence évangélique, p. 29-31

carême 2026

Résonance de carême : 

Oser la proximité. Le prochain est celle ou celui dont j’ose me faire proche, c’est à dire celui ou celle que je rejoins en me transformant ou qui me rejoint pour me transformer. Nous avons bien souvent entendu la parabole du bon samaritain (Luc. 10, 29 à 37). Qui est le prochain de l’homme blessé au fond du ravin ? Demande Jésus. « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui », répondra le légiste auquel s’adresse en premier la petite histoire. 

Mon prochain est celui ou celle dont j’accepte la bonté, c’est celle ou celui dont j’accepte les soins, celui ou celle auprès de qui j’ose reconnaître une dépendance. Celui à qui je peux m’identifier. Mais surtout, celui qui pour moi, quand je m’en approche, devient le lieu de la demeure de Dieu – sans pour autant l’idolâtrer. « Dieu, nul ne l’a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour, en nous, est accompli » est-il écrit dans la première lettre de St. Jean. Me laisser aimer et aimer celui qui se porte vers moi. Voilà l’accomplissement de la bonne nouvelle. Et à cet accomplissement : il ne doit pas y avoir de limites, de frontières, de barrière. Car à travers cet impératif ce qui se dit c’est que cette limite, quand nous la posons volontairement – par peur, pour nous protéger, ou dans un élan idéologique – cette limite est un autre nom pour désigner le « péché » ; la distance, la rupture, la séparation d’avec Dieu. Nous avons  – humblement et dans la justice et l’amour – à oser une proximité sans frontière. 

Au delà de cette méditation de la 3ème semaine de carême tu peux retrouver des méditations et prières ici

2ème lecture de carême

2ème lecture de carême : le n°10 de la revue la relève et la peste : Eau, publié en 2025.

2ème lecture de carême - eau

L’eau vive est le thème retenu pour le prochain temps pour la création en septembre 2026. Aussi conseiller la lecture pour la dernière livraison de la revue de la relève et la peste sur le thème de l’eau me semble tout à fait indiqué.

Ce livre est présenté ainsi sur le site de l’éditeur :

« Notre livre Eau vous invite à prendre conscience que l’eau est à l’origine de toute vie sur Terre et qu’elle est aujourd’hui une ressource rare et menacée. Cette magnifique photographie le rappelle très bien. Sans elle, les cellules, les plantes et les êtres ne seraient pas apparus. Nous devons tout faire pour la protéger »

Un plus de sa beauté, j’ai particulièrement apprécié dans cet ouvrage l’article sur l’eau comme bien commun. Dans cet article Simon Porcher développe l’idée d’une empreinte-eau :

« Mieux connaitre notre empreinte-eau permet de comprendre à quel point nos modes de vie dépendent de ressources hydriques situées bien au-delà de nos frontières. Mais pour aller plus loin, il faut changer de perspective : l’eau n’est pas qu’une ressource locale qu’on hère pays par pays. C’est un bien commun global, au cœur des dynamiques écologiques, économiques et politiques mondiales » (p. 218)

2ème lecture de carême – après la 1ère lecture de carême : J.B. Callicott, la Genèse

prière pour la paix

Prière pour la paix

Prière pour la paix rédigée ce 1er mars à la suite de déclenchement d’une nouvelle guerre :

Dans la prière nous voulons dire notre compassion
Avec tous les enfants qui vivent les guerres de ce monde :
Les enfants dont les maisons sont éventrées par les bombes
Les bambins dont les familles sont déchirées par les deuils
Les gamins dont les écoles sont pulvérisées par des explosions
Les gosses soignés dans des centres de soins croulant sous l’affluence des blessés
Dans la prière nous voulons dire notre compassion.
Devant tous ces enfants, ces bambins, ces gamins, ces gosses, et devant Toi, Dieu Père,
nous reconnaissons notre impuissance
à les protéger et à leur garantir la vie à laquelle tu les appelles.

Dans la prière nous voulons dire notre colère
Vis à vis de tous les adultes qui suscitent les guerres de ce monde :
Les va-t-en-guerre qui renoncent à la paix comme si elle était une faiblesse
Les politiques qui s’inclinent sans lutter avec les armes de la paix
Les idéologues qui justifient et bénissent orgueil et volonté de puissance
Les fanatiques qui encouragent et réarment les conflits quand ils pourraient s’apaiser
Et chacun-e de nous quand nous renonçons à la paix.
Dans la prière nous voulons dire notre colère.
Devant tous ces salauds, et devant Toi, Dieu Père,
Nous reconnaissons notre impuissance
À vivre dans ce monde la paix à laquelle tu nous appelles.

Aussi dans cet élan prière, entre compassion et colère,
nous voulons remettre entre tes mains l’avenir de toute ta création.
Fais de chacun-e de nous des artisan-e-s de paix
Donne nous d’agir et de militer pour que les enfants d’aujourd’hui
ne deviennent pas les salauds de demain.

Benoît, prieur de Caulmont

prière pour la paix

Caulmont est proche de Church and peace et tu trouveras d’autres textes de prière sur ce site ICI

2ème semaine de carême

2ème semaine de carême

2ème semaine de carême, nous poursuivons notre chemin de carême avec la lecture du livre du collectif Anastasis : Urgence évangélique. En fin d’article tu peux télécharger l’intégralité de ce chemin de carême.

La foi chrétienne vise la mise en œuvre de la justice et de l’amour et ne saurait s’accommoder d’une conception dégradante du travail. De nos jours, rares sont les espaces où le travail apparaît comme une activité effectuée collectivement dans le but de cultiver et poursuivre l’œuvre créatrice de Dieu. Le capitalisme contraint les travailleurs et travailleuses à le servir et les jette au rebut lorsqu’il les considère défaillants. (…) La célèbre alternative présentée par le Christ – « nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent » (Mat. 6, 24) – est tranchée par le capitalisme en faveur du second – et « payer ses dettes » devient un nouvel impératif moral. Désormais hégémonique, le monde de l’économie fait ainsi de nous ses esclaves et ses idolâtres tout à la fois. Dès lors, n’est il pas logique que nous soyons de plus en plus nombreux à être rongés par le sentiment de l’inutilité voire de la nocivité de nos activités professionnelles ? Plus les Etats se ruent dans la course à l’intelligence artificielle et abandonnent l’un après l’autre leurs engagements climatiques, moins nous osons prendre aux sérieux l’idée même d’un monde plus juste. Le cynisme s’impose comme la morale naturelle du capitalisme et le catastrophisme comme son eschatologie. 

Pourtant, des formes économiques alternatives existent dans les interstices de notre époque, favorisant des relations justes et fraternelles et le respect des équilibres naturels, par exemple dans certaines structures organisées selon le principe de la propriété collective et animées par le désir de créer des œuvres utiles et bonnes. Ces formes peuvent s’appuyer sur le concept de « destination universelle des biens », très présent dans la théologie catholique : « Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes, de toutes les femmes, et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous selon la règle de la justice. Dieu a donné la terre à tout le genre humain pour qu’elle fasse vivre tous ses membres, sans exclure ni privilégier personne » (Compendium de la Doctrine sociale de l’église catholique n° 171). S’il existe bien une tragédie dans l’histoire humaine, c’est celle de l’absence de partage équitable des ressources et de la domination des riches sur les pauvres, non celle de la rareté supposée des biens telle que veut nous le faire accroire un certain malthusianisme libéral. 

Urgence évangélique, p. 15 à 19

carême 2026

Résonance de Carême :  

Aux puissances politiques et religieuses le monde économique ajoute un vernis qui fait croire que chacun-e pourrait trouver sa place dans notre monde. Un faire croire cynique, plein d’élan d’exploitation et de domination, dans lequel chacun-e n’a pas le choix.  Dans une perte de sens assez tragique, le « travailler pour vivre » se brouille avec le « vivre pour travailler ». Par exemple quand dans une même entreprise les écarts de rémunération se creusent entre les ouvriers et les cadres, entre les hommes et les femmes, la tentation est grande de combattre les inégalités plus que le système du salariat qui justifie ces écarts. Oui, nous sommes à la fois les esclaves et les idolâtres d’un système cynique . Et certains croyants vont jusqu’à en envisager ce système avec les couleurs de la foi comme le fait l’évangile de la prospérité aux Etats Unis : si je gagne plus que toi, c’est signe d’une volonté divine… 

Non ! Dieu a donné la terre à toute l’humanité. C’est bien ce don qui devrait fonder notre rapport au monde. Plus qu’une colère, ce non peut se dire en chanson ! J’entends alors le refrain du père Hubert Spitz , Donne ce que Dieu te donne : « Puisqu’il y a ton soleil, des fleurs qui t’émerveillent, du pain à partager, des larmes à essuyer, des fruits à récolter, des nuits à éclairer, des joies à découvrir, des sourires à offrir, Donne ce que Dieu te donne ». Donner à chacun-e les moyens de vivre, ne devrait pas être une utopie ou un doux rêve.

Le don ouvre une brèche dans le système de la propriété, du capitalisme et de la domination économique, pour ouvrir un au-delà. On pourrait alors, par exemple, ouvrir toute la philosophie de Jacques Derrida pour lire que dans le don se dit quelque chose de la justice (rendre la justice c’est donner à quelqu’un ce qu’il a déjà) et de l’amour. Le partage du royaume se fait alors pour Jésus entre celles et ceux qui ont su donner. Donner à manger, à boire, un toit, un vêtement, une visite… qu’importe. Qu’importe car dans le don il ne s’agit pas d’être performant. Mais en donnant, ces participants du royaume se sont échappés de la logique du monde pour partager la logique de la justice et de l’amour. Donner à toutes et tous les moyens de vivre.

Au delà de cette méditation pour la 2ème semaine de carême tu peux retrouver des méditations et prières ici

CRAC de février 2026 quelques nouvelles

CRAC de février 2026 quelques nouvelles

CRAC de février 2026 quelques nouvelles par Nadège et Nicolas :

Pour bien commencer la nouvelle année les responsables des associations de Caulmont se sont réunis samedi 21er dimanche 22 février chez Sophie et Alain à Saint Vérand pour Sophie, Nicolas, Nadège, Axelle et Benoit et en Visio pour Aurelie, David, Myriam et Bernard. 

Du fait du calendrier des vacances scolaires, les séances ont été plus courtes mais intenses et ont permis d’avancer sur la préparation de la fête du 5 juillet, vous avez bien lu c’est la date définitive, les travaux et continuer à faire vivre la Communion à travers les différents outils de communication.

Pour la fête, nous avons réfléchi à proposer des activités permettant la collaboration concrète de tous à l’élaboration de l’accueil et il y aura des surprises, nous pouvons déjà vous dire que la vitrailliste de Tence sera de la partie. Des temps seront pensés pour chacun : chants, prières, jeux pour petits et grands, barbecue etc 

Concernant le chantier, deux périodes sont ouvertes : du 18 au 25 mai pour avancer les murs de la chapelle et de la crypte du cygne. Et aussi tout le mois de juillet à partir du 6. Le plan de travaux est défini sur la page chantier participatif du site Internet à consulter ici.

Nous sommes ravis des retours du compte Facebook nouvellement ouvert, déjà plus de 250 « amis ». Mais aussi des compte sur Mastodon et Bluseky très actifs également. 

Cette visibilité accrue de Caulmont se traduit déjà par plusieurs visites et rencontres. Ainsi, Benoit participera début mars aux Dialogues et Rencontres des Communautés – DRC – de la Fédération Protestante de France qui auront lieu à Versailles début mars. Il a également été invité à la rencontre  nationale des délégués pour l’Unité des Chrétiens de la conférence des évêques de France, en fin du mois de mars ; ou encore il animera un office œcuménique de jeudi saint au foyer mission populaire évangélique de la Duchère à Lyon 

Voilà pour ces quelques nouvelles d’un CRAC sous le soleil – enfin – du Beaujolais. Merci encore à nos hôtes pour ces délicieux repas et l’accueil. 

Nadège & Nicolas 

1ère lecture de carême

1ère lecture de carême

1ère lecture de carême : John Baird Callicott, Genèse – la Bible et l’écologie, Editions : Wildproject Domaine Sauvage, 2009

1ère lecture de carême

Ce petit livre de moins d’une centaine de pages offre une lecture du texte Biblique de la création. Cette lecture veut fonder une éthique environnementale s’inspirant du judéo-christianisme pour aujourd’hui. J.B. Callicott est résolument positif et il développe une éthique de la citoyenneté au sein de la communauté biotique. Ainsi l’humain n’a pas a entretenir une position de domination sur la création. Mais il est invité à se penser comme citoyen du monde : au même rang que tous les êtres vivants.

« Une humanité technologique et civilisée est non seulement capable de coexister pacifiquement, mais aussi de vivre en symbiose avec la nature. Notre civilisation mécanique et technologique actuelle est-elle la seule envisageable ? La mise en réserve de la nature est-elle la seule manière de mener à bien l’objectif de conservation ? Ne pourrions-nous pas être de bons citoyens de la communauté biotique, qui sachent tirer de la nature les ressources d’une vie honnête et restituer autant voire plus qu’ils ne puisent ? Nous ne retrouverons pas le paradis perdu ni l’innocence qui nous caractérisait à l’ombre de ses arbres, mais peut-être pouvons-nous coopérer avec la nature pour convertir le désert industriel en un jardin planétaire autonome et sain, dont nous pourrons être fiers ».

En résonance avec cette lecture tu peux consulter la page création de ce site

1ère lecture de carême, chaque dimanche durant le carême un livre partagé pour nourrir la réflexion…