Méditation du 27 juillet : office chez les diaconesses au Moutier St Voy

Méditation du 27 juillet : chez les diaconesses au Moutier St Voy

Ce 27 juillet Benoit le prieur de Caulmont a apporté la prédication lors de l’office de Ste Cène chez les diaconesses de Reuilly au Moutier St Voy :

« Dieu nul ne l’a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour, en nous est accompli »

1ère lettre de Jean, chap. 4

Cette parole de la première lettre de Jean a une telle force que nous pouvons l’entendre et la réentendre chaque fois à nouveau. Je voudrai m’arrêter d’abord sur le cri de foi. Un cri de foi paradoxal ou à tout le moins inattendu. « Dieu nul ne l’a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour, en nous est accompli ». Voilà le paradoxe : le cri de foi se conjugue avec une expression tissée au plus près de l’athéisme – ne jamais avoir vu Dieu. 

Croire ce n’est pas savoir. Connaitre Dieu n’est pas pouvoir en tracer une représentation. « Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu » disait le ressuscité. Une foi d’aveugle qui n’est pas une foi obscurantiste, mais une foi responsable et libre. 

« Une foi aveugle ». Pour entendre cela je vous propose d’abord de passer par le détour d’une parabole issue de la tradition hindoue. La parabole des aveugles et de l’éléphant que peut être vous connaissez. 

Voilà ce que dit cette parabole : 

Il y avait autrefois six hommes aveugles qui vivaient aux abords d’un petit village de Bénarés. Un jour, ils entendirent les villageois et les enfants qui disaient : « Hé ! il y a un éléphant dans le village aujourd’hui.»  Les aveugles n’avaient aucune idée de ce que pouvait être un éléphant. Ils en discutèrent entre eux et décidèrent : « Même si nous ne sommes pas en mesure de le voir, nous pouvons y aller et nous avons de toute façon nos autres sens aussi bien pour l’observer que pour le découvrir. »

Tous allèrent donc là où était l’éléphant et chacun d’eux s’en approcha pour le sentir et le toucher. Perdant pied, le premier alla buter contre son robuste et large flanc. Il s’exclama aussitôt : « L’éléphant est un mur immense, tiède et un peu rugueux. »Tout en palpant une de ses défenses le second s’écria : « Je sens quelque chose de rond, de lisse, qui est long et pointu… Il ne fait aucun doute que cet éléphant extraordinaire ressemble beaucoup à une lance ! » Le troisième s’avança vers l’éléphant et, saisissant par hasard la trompe qui se tortillait, cria sans hésitation : « Oh, je vois que l’éléphant est certainement une espèce de gros serpent ! » Le quatrième, de sa main hésitante, se mit à palper le genou et la jambe. « De toute évidence, cet animal fabuleux ressemble à un arbre, j’en touche ici le tronc ! » Le cinquième qui se tenait bien droit, les bras tendus et en l’air, lui toucha l’oreille et dit : « Même le plus aveugle des hommes peut dire à quoi ressemble un éléphant ; nul ne pourra me prouver le contraire, ce magnifique éléphant est un grand éventail ! » Oh non ! dit le sixième qui commençait tout juste à vouloir tâter l’animal, la queue qui se balançait calmement lui tomba dans la main. « Je vois que l’éléphant n’est finalement rien d’autre qu’une corde ! »

Ils commencèrent alors à se disputer sur ce qu’était l’éléphant et chacun d’eux pensait avoir raison.

Parabole des aveugles et de l’elephant

« Dieu nul ne l’a jamais contemplé » – comme un éléphant pour des aveugles – aucun de nous n’a jamais vu Dieu. 

« Nul n’a jamais vu Dieu » dit la foi non comme une contemplation de la divinité mais comme une parole qui rencontre la femme et l’homme. Dieu demeure en nous. Et dans cette habitation de Dieu en nous se dit quelque chose d’une parole qui nous habite et qu’il faut comprendre, qu’il faut saisir, en un mot qu’il faut rencontrer. 

Aussi, à la suite du ministère du Fils comme sauveur du monde auquel tient fortement la première lettre de Jean, affirmer que «nul n’a jamais vu Dieu » est paradoxal. Dans la tradition Johannique de manière très forte le Fils est manifestation du Père, le Christ est révélation de Dieu, Jésus rend visible le divin. Tout dans l’évangile tisse la notion de témoignage : « Personne n’a jamais vu Dieu, Dieu Fils unique, qui est dans le sein du Père nous l’a dévoilé » (Jean 1) disait le prologue de l’évangile à Jean. 

« Nul n’a jamais vu Dieu » dit la foi non comme une contemplation de la divinité mais comme une parole qui rencontre la femme et l’homme. Dieu demeure en nous. Et dans cette habitation de Dieu en nous se dit quelque chose d’une parole qui nous habite et qu’il faut comprendre, qu’il faut saisir, en un mot qu’il faut rencontrer. Alors, faut-il le reconnaitre, nous sommes comme les aveugles du village de Bénarès ; nous ne pouvons tout rencontrer de Dieu. Mais ce qui nous touche, ce par quoi il nous touche c’est son amour – son projet pour le monde. Dieu nous a aimé le premier. C’est par son amour qu’il vient à nous. 

Ainsi j’aime l’extrait de la règle de Reuilly – Foi et vision :


Nous sommes nées d’une promesse :je t’ai vue.

Nous marchons vers une promesse :tu me verras.

Sans l’avoir vu vous l’aimez…

Règle de reuilly

Sans l’avoir vu nous l’aimons – comme des aveugles. 

Dans la parabole hindoue, un aveugle touche la trompe, un autre le genou, un autre encore le flan – la différence entre l’éléphant et Dieu c’est que l’éléphant se laisse simplement toucher de manière passive, alors que Dieu est acteur de la rencontre. Oui, il vient à nous par son amour, Dieu veut nous rencontrer. Il nous a vu Dans son amour, il a un projet pour chacune de nos vies. 

« Nul n’a jamais vu Dieu » dit la foi non comme une contemplation de la divinité mais comme une parole qui rencontre la femme et l’homme. Dieu demeure en nous. Et dans cette habitation de Dieu en nous se dit quelque chose d’une parole qui nous habite et qu’il faut comprendre, qu’il faut saisir, en un mot qu’il faut rencontrer. 

Nous pouvons alors nous souvenir de ce qu’écrivait Christian Bobin sur le cheminement de foi des premiers croyants, des apôtres et des auteurs du nouveau testament :

« Je ne me lasse pas de cet air abruti que gardent les apôtres devant « le camarde sans ombre ». Il leur a fallu trente ans et plus pour écrire et comprendre. Il leur a fallu plus qu’une résurrection – et ce n’est pas rien ; les langues de feu et les déluges de lumière. Et même après cela, il faut compter trente ou quarante ans pour que la rencontre s’écrive et ce n’est qu’en s’écrivant qu’elle a eu lieu. Être là en même temps, sur les mêmes chemins, n’était pas suffisant ; la rencontre se fait par la parole, dans la parole, est une parole ». 

CHRISTIAN BOBIN

Dieu demeure en nous, la rencontre se fait par la parole. La foi n’est pas ici contemplation, mais accomplissement de l’amour de Dieu en nous, presque malgré nous. « Nous aimons parce que lui nous a aimé le premier » (v. 19) Dieu vient à notre rencontre et tisse par sa parole un appel à la foi, à la confiance sans crainte. Face à Dieu nous sommes comme les aveugles devant un éléphant et même pire que ça puisqu’il y aura toujours une part d’inconnue en Dieu.

Pour faire un dernier pas, un pas de plus, à travers ces mots de rencontre, de parole, d’une habitation de Dieu en nous, nous pouvons entendre comme un appel à la responsabilité. Cette interprétation n’est pas récente. Lors de l’octave pascal de 407, Augustin d’Hippone a prêché sur ce texte. Il commente les  v. 8 et 9 que nous avons entendu « Voici comment s’est manifesté l’amour de le Dieu au milieu de nous :i Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui ». 

Augustin insiste fortement sur l’importance de l’intention pour juger de la valeur d’une action. Il arrive au père de famille de frapper son enfant – méthode éducative de l’époque ! – mais c’est pour son bien, tout comme il arrive au marchand d’esclave de cajoler celui qu’il s’apprête à vendre. Augustin conclut son raisonnement avec une formule qui est devenue un adage :

« Ainsi voilà une fois pour toutes le court précepte qu’on te dicte : « Aime et fais ce que tu veux ». Si tu te tais, tu te tais par amour ; si tu cries, tu cries par amour ; si tu corriges, tu corriges par amour ; si tu épargnes, tu épargnes par amour. Qu’au-dedans se trouve la racine de la charité. De cette racine rien ne peut sortir que de bon. » 

SAINT AUGUSTIN

Etre responsable de ses actes, et enraciner cette responsabilité à l’amour. « Aime et fais ce que tu veux » . Il ne s’agit pas pour le père de l’église de prôner un quelconque « carpe diem » très en vogue aujourd’hui. Mais bien de vivre dans le monde, et par l’amour ; de vivre par le christ. Etre responsable de la bonne nouvelle de l’amour, en répondre, y fonder sa vie et sa parole. Dans la tradition Johannique, l’amour est le plein accomplissement du commandement de Dieu. Etre responsable du geste même de Dieu qui, venant vers nous, a renouvelé nos vies pour les ouvrir à la liberté. 

Dans le sillon de Caulmont nous disons souvent :

« en tous temps et en tous lieux, sois accueillant et attentif à chacune, chacun et à toutes choses ; Dieu y a sa demeure ». 

SILLON DE CAULMONT

Aveugles devant Dieu, nous pouvons être touchés par son amour pour nous ouvrir à la rencontre et à la circulation de la parole. « Aime et fais ce que tu veux ». Enracinons nos vies dans l’amour pour être témoins de la liberté de l’évangile. Le repas du Seigneur que nous allons maintenant partager est symbole de cette incorporation de la parole, signe du projet de Dieu de demeurer en nous, au plus corporel de la formule. A travers le pain et le fruit de la vigne que nous ingérons se dit l’accomplissement en nous de l’amour et du don total du Fils. Nous appelant, oui, à être responsable du geste même de Dieu qui, venant vers nous, a renouvelé nos vies pour les ouvrir à la liberté. 

« Dieu nul ne l’a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour, en nous est accompli »

Au Christ seul soit la gloire, c’est vrai. 

Le site des diaconesses de Reuilly c’est par ICI d’autres médiations et prières c’est par là…

Dans la bibliothèque : Faire écologie ensemble

 faire écologie ensemble - couverture

Un petit livre pour apaiser ce que certains présentent comme un conflit larvé. Conflit entre celles et ceux qui se préoccuperaient de la fin du mois, et celles et ceux qui auraient pour souci la fin du monde. En effet, notre monde se lit, de plus en plus, à travers les lunettes d’une mise en opposition. Des « jeunes » (mais pas seulement), à la conscience et  à la pensée écologique, préoccupés par l’avenir du monde – représentés par leur détracteurs comme des « éco-terroristes », s’opposeraient à des « anciens » (mais pas seulement), considérés par leurs détracteur comme des « boomers », qui seraient eux préoccupés bien moins par la crise écologique que par la gestion pragmatique de leurs existences.

Léa Falco démonte cette opposition en un petit livre (89 p.). A l’opposé de cette mise en tension, l’autrice invite à faire écologie ensemble pour imaginer l’avenir. Il s’agit de dépasser la rhétorique de la guerre inter-générationnelle pour se lier ensemble dans un projet d’avenir.

« Baudelaire qualifiait l’imagination de reines des facultés : celle qui construit un monde meilleur, qui trace des ponts entre le réel et l’utopie. Quand ces fantaisies dépassent le stade de représentations individuelles et se diffusent, elles façonnent notre vision du monde, de la réussite et du bonheur (…) l’impossible fait bien plus rêver que notre quotidien ! Alors que la santé, le temps passé en famille et la possibilité de se livrer à ses loisirs occupent une place prépondérante dans les envies déclarées des individus, nos sociétés évoluent paradoxalement dans un matérialisme omniprésent».

Faire écologie ensemble p.56

Ce livre est une invitation à ne pas se tromper de combat – au risque d’alimenter le clivage tant artificiel que mortifère : il ne s’agit pas d’opposer une génération à l’autre mais le vrai combat à mener ensemble est bien celui de poser des choix qui engagent vers un futur désirable et soutenable pour tous. Une saine lecture pour cet été.

Léa Falco, Faire écologie ensemble. la guerre des générations n’aura pas lieu,

Paris, Editions Rue de l’échiquier, 2023

En cliquant ici retrouvez ce livre sur le site de l’éditeur

Préparation de l’assemblée générale 2023

Papiers de l'assemblée générale

L’assemblée générale de la communion de Caulmont aura lieu le dimanche 27 août à partir de 16 h, à la maison de Caulmont à Mars. Cette année est une année élective, la moitié des membres élus du CRAC – comité des responsables des associations de Caulmont – se représentent pour un nouveau mandat de 6 ans. Egalement à l’ordre du jour une modification de l’article 6 des statuts nécessaire pour envisager la rémunération d’un membre du CRAC – le prieur – qui pour le moment est bénévole comme l’ensemble des membres élus du CRAC.

Les convocations à l’assemblée générale et les bulletins de vote permettant le vote par correspondance partent par la poste ces jours-ci. Vous ne devriez pas tarder à les recevoir. Si au 15 juillet vous n’avez rien reçu n’hésitez pas à vous manifester par email : communion@caulmont.fr

Chrétiens unis pour la terre, petite présentation

logo chrétiens unis pour la terre

Chrétiens unis pour la terre est un carrefour œcuménique pour progresser ensemble dans le respect de la Création par la prière, la conversion de nos styles de vie et l’action commune dans l’Eglise et dans le monde. Ce carrefour rejoint donc trois des grands thèmes de Caulmont : l’unité, la prière et le soin de la création c’est pour ça qu’il nous a semblé intéressant de l’évoquer ici.

Fondé en 2012, Chrétiens unis pour la terre propose des outils pour célébrer le Temps pour la Création en septembre, un accompagnement à un Carême pour la terre, pour vivre un carême écologique. En 2015,ce carrefour a aussi lancé le Jeûne pour le climat et co-organisé les Assises chrétiennes de l’écologie à St Etienne.

Chrétiens Unis pour la Terre (CUT) est né en 2012, dans l’esprit et la continuité d’une série de colloques autour de foi et écologie, de la rencontre de trois personnes déjà engagées sur ces sujets : Laura Morosini (juriste de l’environnement), Christine Kristof (éco-journaliste) et Damien Gangloff (fondateur de CORE, Christian ORganisation for Ecology).

L’association a été fondée avec Priscille de Poncins (…) et Gilbert Landais (animateur d’un groupe “foi et écologie” dans le diocèse de Rennes) qui rapidement les ont rejoints.

Sur le site de chrétiens unis pour la terre vous trouverez l’historique de ce carrefour, un formulaire pour s’inscrire et recevoir la newsletter, mais aussi et surtout une page intitulée « nos sources » qui contient une belle et riche bibliographie sur le sujet écologie et christianisme…. une belle piste à suivre pour les lectures de l’été !

Retrouve d’autres liens de notre réseau œcuménique ici

Paix dans le monde – message de Church and Peace

Croix de Church and Peace - paix dans le monde !

La Pentecôte nous encourage: Soutenir la vision d’un monde juste et non violent

Nous reproduisons ici le message du Conseil d’Administration de Church and Peace

donné à Wethen, le 1er juin 2023

Church and peace fait parti de nos ouvertures oecuméniques à retrouver ici

Lors de ses réunions, il y a quelques jours, dans les locaux de l’assemblée mennonite de Francfort, le Conseil d’Administration de Church and Peace a exprimé sa déception de constater que le sommet du G7 alors qu’il s’était réuni sur le site historique d’Hiroshima, a manqué l’occasion de prendre une décision claire en faveur du désarmement nucléaire.

Auparavant, Church and Peace, aux côtés d’autres partisans de la Campagne Internationale pour Abolir les Armes Nucléaires (ICAN), avait envoyé une lettre ouverte au chancelier Scholz appelant le sommet du G7 à être le point de départ de nouvelles négociations sur le désarmement nucléaire, qui exigeraient de mettre fin à toutes les bases nucléaires sur les territoires d’autres États.
Les plans actuels de déploiement d’armes nucléaires russes en Biélorussie montrent à quel point une telle initiative serait urgente. De plus, la décision du sommet du G7 de livrer des avions de chasse à l’Ukraine a accru le danger d’une escalade supplémentaire jusqu’à l’utilisation d’armes nucléaires dans le cadre de la guerre en Ukraine.

Rien ne peut justifier l’attaque brutale de la Russie contre l’Ukraine, qui viole manifestement le droit international. Nous sommes profondément préoccupés par le fait qu’il n’y ait eu jusqu’à présent aucun effort notable de négociation et que toutes les parties optent pour des solutions militaires. De même, en ce qui concerne le conflit entre la Chine et Taïwan, la recherche de solutions non militaires est essentielle.
Au lieu de cela, dans toute l’Europe, nous constatons que les personnes qui ne croient pas aux solutions militaires et qui demandent des négociations pour que cesse la tuerie et les destructions se voient discréditées et ridiculisées.

Les membres de Church and Peace en Europe du Sud-Est nous donnent un aperçu de ce que signifie vivre avec le souvenir d’une guerre, même 30 ans plus tard. La détresse traumatique des années de guerre refait surface, ainsi que l’expérience d’être arbitrairement abandonné à la merci des autres. Les fausses informations perturbent les gens et limitent leur capacité d’action. Comme on peut le constater actuellement en Serbie, l’acquisition d’armes à feu dans la sphère privée est problématique et contribue à la violence dans la société et la famille, en particulier à l’encontre des femmes.

La Pentecôte nous rappelle la promesse du prophète :
« Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur tous ; vos fils et vos filles parleront en prophètes, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards auront des rêves. » (Actes 2.14ss)

À la Pentecôte, nous nous rappelons que la prophétie s’est réalisée alors et se réalise encore aujourd’hui, que les visions et les rêves sont devenus réalité alors et sont encore en train de le devenir aujourd’hui. Cela implique :

  • au lieu du désespoir et du découragement, une culture de la vie et du renouveau,
  • au lieu de la confusion des langues, comme à Babel, une culture de compréhension mutuelle,
  • au lieu du pouvoir et de l’exploitation, une culture du partage équitable,
  • au lieu de la discrimination et de la violence, une culture d’égalité et de réconciliation.

Il est encore plus douloureux de constater que les Églises continuent de déformer le langage et donc la vérité, participent à la polarisation et la diabolisation, à légitimer la discrimination et à faire obstruction à la réconciliation, et ainsi se laissent instrumentaliser par des intérêts politiques.

Nous appelons les Églises et les communautés religieuses à maintenir vivantes les visions et les rêves d’un monde juste et non violent, et donc :

  • à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour enfin mettre fin aux tueries qui coûtent la vie de centaines de milliers d’êtres humains dans les guerres et aux frontières extérieures de l’Europe,
  • à démasquer les vérités sélectives, les fausses informations et les discours de haine entre les personnes et dans les médias,
  • à encourager une culture du partage qui inclut les personnes marginalisées ainsi que les réfugiés,
  • surmonter l’inimitié et à créer des espaces ouverts de compréhension mutuelle,
  • à plaider vigoureusement en faveur des objecteurs de conscience et des déserteurs de toutes les zones de crise, y compris l’Ukraine, la Russie et la Biélorussie,
  • à exiger la primauté de la non-violence par la transformation civile des conflits, les formes d’action non violentes et la défense sociale dans l’action politique.

La Pentecôte nous encourage et nous engage tous à ne pas détruire la vision d’un avenir digne d’être vécu portée par les jeunes, les fils et les filles, mais à les partager et à les fortifier.

Paix dans le monde Logo de Church and peace

Retrouvez ici le message sur le site Internet de Church and Peace

Message de Pentecôte 2023

 » Ils furent tous remplis d’Esprit Saint  » 

Pour ce message de Pentecôte 2023, le récit de Pentecôte est parfois lu comme une réécriture des récits de création : l’Esprit souffle au dessus des apôtres aux commencements de l’Eglise comme il souffla sur les eaux primordiales de la création. Egalement, l’évènement de l’effusion de l‘Esprit est parfois mis en lien avec l’événement de Babel : la dispersion des langues au moment de la destruction de la tour est alors comprise comme un écho de la diversité des langues dans lesquelles les apôtres diront les merveilles de Dieu. D’autres lectures existent encore. A Caulmont, nous pouvons l’entendre, comme une lecture de plus, avec les mots clefs qui forment le Sillon – notre texte fondateur – 6 mots clefs que nous pouvons réentendre aujourd’hui. 

Communion : les disciples sont réunis, et le texte biblique insiste « ils se trouvaient réunis tous ensemble » – la formule est pour le moins redondante, mais le pléonasme vient insister sur la communion retrouvée ; Mathias vient d’être élu pour remplacer Judas (Ac1, v.26), la communion des disciples se reforme, se retisse, ressuscite peut-être même, après le déchirement de la trahison.
Prière : c’est bien sur un groupes de femmes et d’hommes « assidus à la prière » (Ac. 1, v.14), que l’Esprit surgit. Non pas que la prière soit condition de le venue de Dieu, l’Esprit souffle où il veut. Mais la prière marque l’attente, elle est signe d’espérance. Parole ou silence, la prière laisse la place à la venue de Dieu : il est celui qui vient. 
Accueil : Dieu vient par son Esprit, Dieu lui même se fait accueillir par les siens. Ainsi, notre accueil est signe de ce mouvement de visite de Dieu vers nous. Visite initiée en Jésus – qui est venu dans le monde – et qui se poursuit par l’Esprit, au jour de la première pentecôte comme encore aujourd’hui.L’Esprit fait alors signe vers l’éternité du projet de Dieu.
Partage : la Bonne nouvelle ne peut rester enfermée dans la maison : elle pousse à descendre vers les autres, à rejoindre tous les autres, à communiquer vers toute l’humanité. Celle assemblée à Jérusalem, mais en fait l’évènement de Pentecôte est sans frontière : il ouvre à la rencontre et au partage sans limite. 
Unité : chacun dit les merveilles de Dieu dans la diversité des langues «comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer » (Ac. 2, v.4). La bonne nouvelle fait l’unité de la diversité des langues présentes à Jérusalem : tous entendent les merveilles de Dieu. En fait, c’est l’Evangile qui fait l’unité de l’église, depuis les commencements. Cette unité ne peut donc pas être une option. 
Création : l’Esprit souffle au dessus des apôtres comme il souffla sur les eaux primordiales – renouvellement de la présence de Dieu par le témoignage des apôtres. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique et ce n’est pas fini : une fois encore, l’Esprit vient nous dire que Dieu n’en a pas fini avec ce monde, avec la totalité de ce monde. .
Ces échos du texte de Pentecôte dans notre Sillon viennent nourrir notre espérance et notre confiance. Après le CRAC les 29 – 30 avril et 1 mai au Prieuré de St. Pierre la Mer, dans les projets formulés pour porter notre communion, et dans les petites activités que nous mettons en place l’Esprit murmure que nous ne sommes pas seuls. Oui : nous ne sommes pas seuls à risquer la confiance et à oser l’espérance dans ce monde. C’est vrai, à Caulmont comme sur toute la surface de la création, oui, c’est vrai !
Benoit, prieur de Caulmont

D’autres méditation ICI sur ce site et pour retrouver le sens de cette fête sur Wikipedia c’est par ici

Echo du CRAC

Echo du CRAC, c’est le cercle des responsables des associations de Caulmont s’est réuni à St. Pierre la Mer au prieuré de Caulmont, chez Myriam et Bernard les 29, 30 avril et 1er mai. Une session à laquelle étaient présents Myriam et Bernard, Sophie et Alain, Axelle et Benoit, Nadège et Sophie. Aurélie et David ainsi que Nicolas ne pouvant être là physiquement nous ont rejoint pour un temps en visio le dimanche matin.

Echo du CRAC au prieuré de Caulmont

Nous avons fait un tour d’horizon de l’actualité et de l’avenir de Caulmont dans des séances. A annoncer, déjà, le projet des « soirées de l’été » qui sera bientôt communiqué. 3 soirs pour vivre un temps à la maison de Caulmont avec office et repas partagé, dans l’attente du chantier puis de l’ouverture de l’accueil.

Les séances se sont déroulées dans une bonne ambiance. Aux pauses nous étions rejoints par 7 jeunes et enfants de 6 à 17 ans.

Pour aller plus loin dans cet écho du Crac et retrouver le fonctionnement de notre Communion c’est par ICI

Le Cercle des Responsables des Associations de Caulmont – CRAC – rassemble les responsables de la Communion de Caulmont – association loi 1905 – et de l’association d’accueil de Caulmont – association loi 1901. Avec le prieur, Benoit Ingelaere, pasteur de l’Eglise protestante unie de France, le CRAC se réunit trois à quatre fois par an en « présentiel ». En plus de ces séances s’ajoutent quelques « visio ». 

Ainsi, le CRAC assure l’administration et la gestion des associations. Il suscite et anime la vie associative et communautaire. Il modifie et adopte le Sillon – texte fondamental de la communion.

Message de pâques 2023

Message de Pâques 2023 : Le Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité !

Ce dimanche 9 avril, Benoit – prieur de la communion de Caulmont – a présidé le culte protestant au temple de Tence.

Conclusion de ce message pâques 2023 :

Alors oui, roule la pierre : Quand nous sommes au désespoir, quand le monde est accablé de douleur, quand nous ne voyons plus d’issue et que l’espoir s’est envolé. Roule la pierre : Même si nous avons peur du changement, même si nous ne sommes pas prêts, même si nous préfèrerions nous enfuir , nous cacher et pleurer. Roule la pierre : Parce que ce matin nous avons accompagné Marie madeleine, Simon et Jean au tombeau, parce que nous espérons contre toute espérance, parce que nous sommes appelés depuis cette tombe, avec toute l’église – celle qui nous a précédé et celle qui nous succèdera. Et là, dans ce tombeau grand ouvert, s’ouvre un chemin pour nos vies, un chemin victorieux de la mort,

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils ».
Dieu est là, au coeur du monde avec nous sur ce chemin qui nous libère de tout ce qui nous empêche d’être nous-mêmes. Souffle la liberté, qu’elle nous entraine sur les routes du règne de Dieu, qu’elle nous entraine dans l’amour et la compassion
Christ est vainqueur ! C’est vrai.

Vous pouvez télécharger son message ci-dessous.

message de pâques 2023