Message de Pentecôte

 » Ils furent tous remplis d’Esprit Saint  » 

Le récit de Pentecôte est parfois lu comme une réécriture des récits de création : l’Esprit souffle au dessus des apôtres aux commencements de l’Eglise comme il souffla sur les eaux primordiales de la création. Egalement, l’évènement de l’effusion de l‘Esprit est parfois mis en lien avec l’événement de Babel : la dispersion des langues au moment de la destruction de la tour est alors comprise comme un écho de la diversité des langues dans lesquelles les apôtres diront les merveilles de Dieu. D’autres lectures existent encore. A Caulmont, nous pouvons l’entendre, comme une lecture de plus, avec les mots clefs qui forment le Sillon – notre texte fondateur – 6 mots clefs que nous pouvons réentendre aujourd’hui. 

Communion : les disciples sont réunis, et le texte biblique insiste « ils se trouvaient réunis tous ensemble » – la formule est pour le moins redondante, mais le pléonasme vient insister sur la communion retrouvée ; Mathias vient d’être élu pour remplacer Judas (Ac1, v.26), la communion des disciples se reforme, se retisse, ressuscite peut-être même, après le déchirement de la trahison.
Prière : c’est bien sur un groupes de femmes et d’hommes « assidus à la prière » (Ac. 1, v.14), que l’Esprit surgit. Non pas que la prière soit condition de le venue de Dieu, l’Esprit souffle où il veut. Mais la prière marque l’attente, elle est signe d’espérance. Parole ou silence, la prière laisse la place à la venue de Dieu : il est celui qui vient. 
Accueil : Dieu vient par son Esprit, Dieu lui même se fait accueillir par les siens. Ainsi, notre accueil est signe de ce mouvement de visite de Dieu vers nous. Visite initiée en Jésus – qui est venu dans le monde – et qui se poursuit par l’Esprit, au jour de la première pentecôte comme encore aujourd’hui.L’Esprit fait alors signe vers l’éternité du projet de Dieu.
Partage : la Bonne nouvelle ne peut rester enfermée dans la maison : elle pousse à descendre vers les autres, à rejoindre tous les autres, à communiquer vers toute l’humanité. Celle assemblée à Jérusalem, mais en fait l’évènement de Pentecôte est sans frontière : il ouvre à la rencontre et au partage sans limite. 
Unité : chacun dit les merveilles de Dieu dans la diversité des langues «comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer » (Ac. 2, v.4). La bonne nouvelle fait l’unité de la diversité des langues présentes à Jérusalem : tous entendent les merveilles de Dieu. En fait, c’est l’Evangile qui fait l’unité de l’église, depuis les commencements. Cette unité ne peut donc pas être une option. 
Création : l’Esprit souffle au dessus des apôtres comme il souffla sur les eaux primordiales – renouvellement de la présence de Dieu par le témoignage des apôtres. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique et ce n’est pas fini : une fois encore, l’Esprit vient nous dire que Dieu n’en a pas fini avec ce monde, avec la totalité de ce monde. .
Ces échos du texte de Pentecôte dans notre Sillon viennent nourrir notre espérance et notre confiance. Après le CRAC les 29 – 30 avril et 1 mai au Prieuré de St. Pierre la Mer, dans les projets formulés pour porter notre communion, et dans les petites activités que nous mettons en place l’Esprit murmure que nous ne sommes pas seuls. Oui : nous ne sommes pas seuls à risquer la confiance et à oser l’espérance dans ce monde. C’est vrai, à Caulmont comme sur toute la surface de la création, oui, c’est vrai !
Benoit, prieur de Caulmont

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