Une proposition de carême par l’association AnimaTerra qui propose des balades éco spirituelles. Il s’agit d’une balade sensible et contemplative en nature. Une promenade qui s’appuie sur des extraits de Laudato Si’ et de la dynamique du « Travail qui Relie ». Ce travail est une méthodologie de transformation développée par Joanna Macy pour nous accompagner dans une réconciliation avec la Terre et le Vivant. En effet, ce parcours permet d’expérimenter notre lien d’interdépendance avec le monde dans l’émerveillement et la compassion. Il permet de contacter les ressources précieuses à l’intérieur de nous pour nous mettre en mouvement. Ainsi, toutes les dimensions de notre être sont sollicitées par cette promenade dans une connectionn à la Nature et à Dieu.
L’association AnimaTerra est une vision, un mouvement, un élan, une association, un lieu de vie… en émergence. Elle a pour objectif de sensibiliser à une approche spirituelle de l’écologie et de nous reconnecter concrètement à la Terre et au Vivant sous toutes ses formes.
AnimaTerra est née d’une recherche à la zone d’intersection entre écologie et spiritualité. L’association se nourrit de la rencontres animées par cette conviction de conversion. Ce n’est que par un retournement de notre être que nous pourrons porter réponses aux défis contemporains. Alors, pour répondre à ces enjeux, AnimaTerra offre différents chemins et une palette d’outils pour réveiller et nourrir notre « sens de la vie ». Ses champs d’exploration sont variés et se complètent mutuellement : éducation, santé, alimentation, corps, esprit, art…
Le prochain numéro de Nouvelles, la revue de Caulmont est en préparation… si vous avez un texte, une lecture, une prière à partager n’hésitez pas ! Il suffit de l’envoyer à communion@caulmont.fr
Pour recevoir la revue il suffit de la demander… en cliquant ici
Ce sont les chrétiens du Burkina Faso qui ont choisi le thème de la prochaine Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, du 18 au 25 janvier 2024.
Les chrétiens sont appelés à agir comme le Christ en aimant comme le Bon Samaritain, en montrant de la pitié et de la compassion pour ceux qui sont dans le besoin quelle que soit leur identité religieuse, ethnique ou sociale. Ce qui doit nous inciter à venir en aide aux autres, ce n’est pas l’identité commune, mais l’amour de notre «prochain». Toutefois, la vision de l’amour de notre prochain que Jésus nous présente est battue en brèche dans le monde d’aujourd’hui. Guerres dans beaucoup de régions, déséquilibres dans les relations internationales et inégalités causées par les ajustements structurels imposés par les puissances occidentales ou par d’autres agents extérieurs inhibent notre capacité d’aimer comme le Christ. C’est en apprenant à s’aimer les uns les autres au-delà de leurs différences que les chrétiens peuvent devenir des « prochains », comme le Samaritain de l’Évangile.
Plus d’info : https://unitedeschretiens.fr/semaine-de-priere-pour-unite-chretiens/
Pour ce jours de l’épiphanie, nous partageons cette prière reçue d’Irène et Roland, prière reçue avec leurs voeux pour la nouvelle année. Merci à eux !
Dis-moi, Seigneur, de quoi sera fait demain, mon demain à moi, celui de ceux que j’aime ? Tous ces demains semés d’espérance qui attendent de germer.
Les vois-tu, Seigneur ? Les vois-tu ces espérances enfouies au plus profond de nos jardins secrets, là où personne n’entre, sinon Toi et Toi seul ? Dis, les feras-tu éclore un jour nos espérances en graine, nos rêves, nos projets… De quoi demain sera fait ? Après tout qu’importe, puisque ta Présence, Seigneur, m’accompagnera au cœur de mes déserts, comme au plus fort de mes joies. Ta présence qui m’invite déjà à vivre aujourd’hui comme pour mieux réaliser demain. Non, ne me dis pas, Seigneur, de quoi demain sera fait.
De nombreux chants de Noël mentionnent les trois rois qui suivirent une étoile et vinrent rendre hommage à un nouveau-né à Bethléem. Dans la Bible, ils ne sont pas décrits comme des rois et leur nombre n’est pas précisé. Ce sont plutôt des « hommes sages de l’Est ». Dans de nombreux tribunaux de l’Est, y compris l’antique Babylone et la Perse, des astrologues érudits ont souvent servi de conseillers sacerdotaux pratiquant l’art de la magie. Depuis lors, les trois mages ont été désignés comme des rois.
Dans l’Évangile selon Matthieu, une étoile brillante a mené les mages de l’est jusqu’à ce qu’elle s’arrête « sur l’endroit où se trouv[ait] l’enfant » et « en entrant dans la maison, ils ont vu l’enfant avec Marie, sa mère » (Matthieu 1:24).
Bonne année 2024 même si prendre une année de plus, c’est vieillir… Sophie Hauvespre nous partage la méditation suivante, pour inventer nos routes en vieillissant une année de plus et en continuant de nous émerveiller ! Oui bonne année à chacune et à chacun…
Vieillir, le grand mot est lâché !
Vieillir nous inquiète souvent et notre imaginaire peut nous promettre un avenir peu radieux. Perte des clés, perte des cheveux, perte de la vue, perte des mots, perte de mémoire, perte de vitalité, perte de l’autonomie… Tout cela nous effraie. Ce qui est certain, c’est qu’il va falloir, à un moment ou à un autre, consentir à lâcher, à perdre… Et pourtant, les mécanismes de vieillissement cellulaire sont en place dès le jour de notre naissance. Au fur et à mesure que les cellules se divisent, se multiplient et remplissent leurs fonctions, elles vieillissent. Ainsi, à mesure qu’elles vieillissent, notre corps a mis en place des moyens remarquables pour prendre soin des cellules vieillissantes et les remplacer par de nouvelles cellules. Mais à partir de 30 ans environ, notre corps manifeste déjà quelques signes qui vont demeurer ; nous n’en avons bien sûr pas conscience mais nous vieillissons progressivement. Et quand la dure réalité s’impose à nous au soir de notre vie, c’est difficile à intégrer. Et pourtant, nous pourrions considérer que « notre corps signale au monde entier que nous avons vécu une vie déjà bien remplie.» Alors, quel chemin prendre si ce n’est celui de rassembler en nous ce qui constitue notre essentiel, ce qui nous donnera la saveur du jour nouveau. A chacun d’inventer sa route en fonction de ce qu’il lui sera donné de vivre mais avec la conviction que nos abandons, nos renoncements peuvent être porteurs encore de fruits. Vieillir peut être le temps de s’émerveiller des toutes petites choses, de goûter à la lenteur, d’offrir son écoute à celui qui en a besoin, de rester curieux de ce qui s’agite et palpite autour de nous et en nous. De rester bien vivant jusqu’au bout.
Elisabeth Jasserand aumônière d’hôpital.
Elisabeth Jasserand est aumônière catholique pour les hospices civils de Lyon. Plus d’info sur cette aumônerie ICI
L’Aumônerie a pour mission de : Offrir un soutien spirituel et moral aux patients hospitalisés et à leurs proches. Accompagner les malades dans leurs questionnements sur le sens de la vie, la souffrance, et la fin de vie. Proposer des visites fraternelles pour rompre la solitude et favoriser l’échange.
Le 11 ème synode régional de l’Eglise Protestante Unie en Centre-Alpes-Rhône s’est tenu à Vogué sur la rive de l’Ardèche. Caulmont est membre du collège des Communautés Oeuvres et Mouvements reconnu par l’EPUdF. A ce titre nous sommes invités au Synode. Benoît, prieur de Caulmont s’y rend chaque année. Cette année il s’est tenu du 10 au 12 novembre. Le sujet principal portait sur les ministères dans l’église. C’est un temps d’échanges fraternels très enrichissant !
Chaque automne, les délégués des Eglises (pour chacune : un conseiller presbytéral et le pasteur) de la région se réunissent pour une rencontre de trois jours. C’est le Synode régional. Pour la région Centre-Alpes-Rhône, cette assemblée regroupe environ 200 personnes.
Chaque Église locale (ou paroisse) est pleinement responsable de sa vie et du témoignage qu’elle rend. Mais elle est aussi, et tout autant, solidaire des autres Eglises locales, notamment des plus proches d’entre elles regroupées dans une même région. Cette responsabilité et cette solidarité sont particulièrement visibles à l’occasion du Synode régional. – On s’y retrouve dans la bonne humeur et l’amitié. – On y écoute la Parole et on y prie. – On prend les décisions qui concernent la vie ordinaire de la région : budget, orientations, etc. – On y débat des grands sujets qui concernent l’ensemble de l’Eglise : témoignage, catéchèse, ministères, actualité, etc. – On transmet des avis au Synode national, qui se tiendra au printemps suivant (vous pouvez en savoir plus sur le Synode national ici). – Tout au long du Synode, on parle et on écoute beaucoup, puis finalement on vote pour décider.
Au synode, se vivent donc la responsabilité (les délégués des Églises locales débattent et votent en conscience) et la solidarité (les décisions prises s’appliquent à toutes les Églises locales).
J’ai entendu parler d’Apeirogon pour la première fois à la radio, quand son auteur, Colum McCann, romancier et journaliste irlandais installé à New York, a déclaré quelque chose comme : « vous savez, j’ai été très marqué par le conflit en Irlande du nord. Je crois fermement qu’un jour ou l’autre, il y aura la paix en Israël. Ca ne peut pas se terminer autrement.» Nous étions certes des mois avant le 7 octobre 2023, mais ce point de vue m’a semblé tellement extraordinaire que j’ai été acheter le livre. Et quel livre !
A l’origine de cette histoire, il y a deux hommes.
Le premier s’appelle Rami Elhanan. Il est israélien. C’est un fils d’un rescapé de la Shoah, ancien soldat de la guerre du Kippour. Sa fille Smadar a été tuée dans un attentat suicide alors qu’elle faisait du shopping avec des copines. Elle avait 13 ans.
Le deuxième s’appelle Bassam Aramin. Il est palestinien. Militant du Fatah, il a passé sept ans dans les prisons israéliennes. Sa fille Abir, 10 ans, est tuée par un soldat de Tsahal sur son trajet vers l’école.
Rami et Bassam sont nés pour se haïr. Leurs tragédies respectives vont au contraire les rapprocher.
Apeirogon est le récit de cette improbable amitié. Le roman est inclassable et dégage une étrange beauté. En mille et un paragraphes, il parvient à la fois à restituer l’incroyable complexité de ce conflit et à nous offrir une note d’espoir. C’est une belle victoire !
Depuis longtemps Caulmont est proche de Wahat al-Salam-Neve Shalom. Cette oasis de paix, créé en 1969, est située sur une colline en bordure de la vallée d’Ayalon, sur le site de la première bataille de Latroun. Il se trouve à égale distance de Jérusalem et de Tel-Aviv-Jaffa. Le nom d’Oasis de paix a été donné en référence au prophète Essaie : « Mon peuple habitera dans un lieu de paix… ».
Ce 16 octobre Wahat al-Salam-Neve Shalom a partagé quelques nouvelles en anglais sur son site Internet. Nous en donnons ici la traduction de quelques extraits :
« Alors que nous subissons les conséquences du massacre odieux dans le sud du pays et que nous observons la crise humanitaire et les décès imminents à Gaza, nous réaffirmons notre conviction que seules une véritable paix, l’égalité et les droits humains fondamentaux pour tous peuvent garantir notre existence continue dans cette région ».
Puis plus loin :
« A Wahat al-Salam – Neve Shalom, nous continuons à nous rencontrer et à discuter de la situation. Le dialogue et la discussion sont essentiels pour nous. À mesure que le monde qui nous entoure change, nous devons retrouver le chemin des valeurs humaines, du respect et de l’ouverture aux chagrins, aux peurs et aux réactions des uns et des autres. »
Enfin troisième passage remarquable que nous partageons un peu plus long :
« Eldad Joffe, le nouveau président de la municipalité, a commencé son mandat lors de cette terrible crise et avec un nouveau conseil municipal. Lors de ses entretiens avec les membres du village, il nous a rappelé qu’en temps de guerre, Wahat al-Salam – Neve Shalom est notre maison et notre lieu à partager avec nos familles et avec nos voisins juifs et arabes. La grande douleur et le choc qui ont frappé la société israélienne après les attaques dans le Sud ont plongé nombre de nos membres dans la crise, perdant des amis et des proches. Les Palestiniens et les Juifs qui croient en la paix savent que la situation à Gaza et dans ses environs est insupportable et nous pleurons les milliers de personnes qui ont perdu la vie ou leur maison, et nous voyons la situation s’aggraver de jour en jour. Mais en tant que communauté, il est important de préserver nos valeurs, et en même temps d’augmenter la sécurité du village. Une quarantaine de villageois, hommes et femmes, se sont portés volontaires pour assurer le service de sentinelle. « Il est de notre devoir, en ces temps difficiles », dit-il, « de nous rappeler que lorsque ces crises immédiates et ces jours de combat seront terminés, nous resterons ensemble engagés sur notre chemin commun. »
En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Ainsi, en va-t-il du Royaume des cieux comme d’un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Pour commencer, on lui amena quelqu’un qui devait dix mille talents. Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »
evangile selon matthieu, chap. 18, v. 21 à 35
Prédication du 17 septembre :
« le débiteur impitoyable », dette, colère, prison, torture, etc… Pardon, Hope d’avoir retenu ce texte pour ce jour d’accueil, pour ce jour de joie. Pardon frères et soeurs d’avoir suivi cette liste des textes du jour alors que nous pourrions nous réjouir avec quelques alléluia et quelques textes ô combien plus heureux que nous pouvons trouver dans nos écritures ! Vraiment retenir ce texte que la Traduction oecuménique appelle « le débiteur impitoyable » pour accueillir un nouveau pasteur sur le consistoire c’est une faute de goût, mais peut-être, je l’espère du moins, n’est-ce pas une faute de gout impardonnable. du coup si ce n’est pas impardonnable et que je vous en demande pardon, ma demande de pardon n’est qu’une formule creuse ; il ne s’agit pas d’un vrai pardon que j’appelle et dont j’ai besoin – c’est en quelque sorte une formule rhétorique. A la limite c’est une excuse que je vous présente mais pas un pardon que j’appelle. D’autant que pardon Hope de révéler que ce texte tu l’as choisi autant que moi dimanche dernier. Bref, je ne vais pas passer mon temps à vous demander pardon, pour prêcher sur le pardon. D’autant que dans un entretien publié dans le Monde des débats à la fin du siècle passé, en 1999, le philosophe Jacques Derrida écrivait : « le pardon pardonne seulement l’impardonnable. On ne peut ou ne devrait pardonner, il n’y a de pardon, s’il y en a, que là où il y a de l’impardonnable. Autant dire que le pardon doit s’annoncer comme l’impossible même. » Clin d’oeil personnel, j’aime beaucoup ce philosophe Jacques Derrida que j’ai découvert quand nous étions étudiants ensemble à Montpellier et que nous logions Bérengère, toi Hope, et moi au centre universitaire protestant dans les années 1995/96 ; ça ne nous rajeunit pas ! Pour Jacques Derrida, le pardon est impossible – le vrai pardon celui dans lequel il est question de vie et de mort, celui qui ouvre à la liberté, le pardon qui sauve, impossible ce pardon qui est force de résurrection. Toutefois, « pardon », une fois encore, avant de faire de la philosophie, prenons le temps de relire le texte biblique que nous avons entendu : I. La parabole Jésus parle du pardon et donc il parle du royaume, du royaume des cieux – et comme souvent il parle du royaume des cieux avec une parabole. Céline Rohmer, exégète spécialiste des paraboles de l’évangile selon Matthieu nous rappelle : « Les paraboles sont reconnues depuis longtemps pour leur capacité à toucher l’individu et à infléchir sa compréhension de Dieu. Associées à un désir de transmission et de formation, elles entretiennent un lien de type existentiel avec leur lecteur et possèdent un pouvoir attractif évident. La facilité d’accès de leurs images, la force persuasive de leurs courts récits sont encore très appréciées ». Par conséquent, nous voilà avec une petite histoire pour transmettre un enseignement. Ici la petite histoire est celle d’un homme qui est un esclave, un serviteur. Une histoire en trois épisodes, en trois étapes. D’abord, premier épisode cet homme est endetté auprès d’un maître de manière incalculable. Il lui doit 10.000 talents – c’est énorme ! C’est une somme qui s’approche des 40 millions d’euros. Il y a là quelque chose d’incroyable – d’impossible à réaliser. Mais aussi c’est une dette impossible, et l’auditeur de Jésus ne peut que se demander pourquoi un maître aurait-il prêté une telle somme à son serviteur ? Cette dette est incalculable, incroyable, impossible, et elle ne pourra être remboursée. Le point de départ de la petite histoire c’est donc un serviteur endetté de manière totalement folle auprès d’un maître et qui – premier épisode – obtient de sa part patience et pitié. Le maitre lui remet sa dette. Sortant de cette entrevue le serviteur croise l’un des siens – deuxième épisode de cette histoire – il croise un de ses compagnons, un de ses semblables. Et celui-ci lui doit 100 pièces d’argent – presque rien par rapport à la dette que le maitre vient de lui remettre – un équivalent de 400 euros. Notons que l’évangéliste Matthieu insiste très fortement sur le contraste entre les deux sommes – il y a là une disproportion très importante entre les 10 000 talents et les 100 pièces d’argents. A l’occasion de cette seconde dette de la parabole, le serviteur n’aura, lui, ni aucune pitié ni aucune patience pour son compagnon – vous l’avez entendu – celui-ci va être jeté en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé la somme ; chose tout à fait possible et réalisable. Enfin arrive le troisième épisode – et avec lui le dénouement de l’histoire – le maitre qui dans sa patience avait remis sa dette au serviteur est informé de son comportement vis à vis de son débiteur. Il entre dans la colère et livre le serviteur aux tortionnaires jusqu’à ce qu’il rembourse sa dette, jusqu’à toujours – puisque cette dette n’est pas remboursable. Voilà cette petite histoire qui illustre l’enseignement de Jésus sur le pardon invitant à pardonner jusque’à soixante dix-sept fois sept fois. II- La logique de l’impossible : Le pardon est impossible – le vrai pardon celui dans lequel il est question de vie et de mort, celui qui ouvre à la liberté, le pardon qui sauve, impossible ce pardon qui est force de résurrection. Cette parabole, illustration de l’enseignement du Christ Jésus il nous faut l’entendre pour nous aujourd’hui comme une invitation non pas à renoncer au pardon qui serait impossible, mais bien plus comme une invitation à entrer dans ce que nous pouvons appeler une logique de l’impossible. En effet, ce texte fait le lien entre le pardon que nous recevons de Dieu – un pardon totalement fou à 10 000 talents et le pardon que nous nous accordons entre nous – un pardon à 100 pièces d’argent. Cette histoire met en parallèle le pardon de Dieu et le pardon entre frères et soeurs – tout en en soulignant la disproportion. Le pardon est impossible de sorte que nous pouvons nous souvenir que quelques versets plus loin à ses disciples qui demandaient : Qui donc peut être sauvé ? Fixant sur eux son regard, Jésus répondra: « aux hommes c’est impossible, mais à Dieu tout est possible » (Mat. 19, 26) Précisons, d’ailleurs, que dire que le pardon est impossible ne veut pas dire que le pardon n’existe pas. L’histoire de Joseph pardonnant à ses frères leur crime et leur tentative de meurtre à la fin du livre de la Genèse en est une illustration : « vous avez voulu me faire du mal, Dieu a voulu en faire du bien » . Plaçant la source du pardon en Dieu, nous réalisons que l’impossible de nos vies n’est pas la limite du possible de Dieu. Quand nous mettons en parallèle le pardon de Dieu sur nos vies et le pardon que nous avons à vivre entre nous, entre soeurs et frères, entre humains, quand nous disons avec le Notre Père : « pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés », oui nous plaçons la source du pardon en Dieu. Ainsi, l’impossible de nos vies n’est pas la limite du possible de Dieu, où inversement le possible de Dieu fait exploser les limites de l’impossible de nos vies. Quand le Christ Jésus nous invite à pardonner 77 fois 7 fois il ne nous invite pas à tenir une comptabilité stricte de nos pardons dont il faudrait faire le bilan à la 539eme fois. Non il n’y a pas notre Dieu ne tient pas le classeur Excel de nos petites culpabilités. Oui, le possible de Dieu fait exploser les limites de l’impossible de nos vies : sortir d’une logique du faire pour plaire afin de recevoir le don total. Sortir de la petite morale de nos comportements pour entendre une parole de vie. Dans ce sens nous pouvons nous souvenir que Saint Augustin commentant ce texte de l’évangile selon Matthieu écrivait : « il est dit au sujet du pardon : un mendiant te demande l’aumône, et tu es toi-même le mendiant de Dieu. En effet, nous sommes tous, lorsque nous le prions, les mendiants de Dieu. » III. Témoignage & prière : Derrida disait que le « pardon doit s’annoncer comme l’impossible même. » Alors oui, je crois qu’en église – et j’emploie ce mot dans son sens le plus large- en église nous avons a être les témoins de l’impossible de Dieu dans nos vies et dans le monde. C’est la la bonne nouvelle. La vie est plus forte que la mort. L’enseignement sur le pardon du Christ Jésus dans l’évangile selon Matthieu nous invite à nous reconnaître comme mendiants de Dieu et, en tant que tels, à être témoins de l’impossible de Dieu. Malgré les accents philosophiques qu’a pu prendre mon propos depuis le début de cette prédication c’est je crois quelque chose de très pratique à vivre dans notre ministère commun de croyant, pasteurs ou non-pasteurs. S’ouvrir à l’impossible de Dieu, sortir de la logique du faire pour plaire, ne pas être dans une comptabilité du pardon, se reconnaitre comme les mendiants de Dieu ; l’église communauté des croyants est une communauté de femmes et d’hommes endettés les uns vis à vis des autres, et tous ensemble vis à vis de Dieu. Les ministres ne sont pas mis à part dans cet endettement. Comme tout croyants, nous ne sommes pas dans la possession d’un évangile qui, je ne sais, fonderait notre morale ou autre, et qui nous mettrait à part du monde ; mais ensemble, en communauté, nous avons à être dans le monde les témoins d’une bonne nouvelle qui nous invite à nous reconnaitre dans la dépendance. Sacerdoce universel des mendiants de Dieu. Vous comprenez qu’il ne s’agit pas de cultiver la fragilité pour le plaisir de la lamentation, ou dans une humilité bien réformée ; mais bien plus de laisser à Dieu la place qui lui revient, pour que dans les possibles de nos vies son impossible jaillisse comme une force de vie, un élan de résurrection, une source d’éternité : « là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté ». S’ouvrir à l’impossible de Dieu c’est, finalement, et je m’arrêterai là, s’ouvrir à l’impossible de Dieu c’est ouvrir la porte à la prière ; prière par laquelle nous remettons nos vies entre les mains du Père, toute notre vie dans leurs lumières et dans leurs ombres, prière par laquelle nous touchons à la source de la confiance et de l’espérance malgré tout, prière par laquelle nous plaçons nos vies coram deo, devant Dieu. Dans la communion de Caulmont dont je suis aujourd’hui le prieur nous disons de la prière qu’elle « est source d’amour, le souffle de ta vie, (elle) te recentre sans cesse sur Jésus le Christ, qui te projette vers Dieu, vers les femmes et les hommes, et vers l’ensemble du vivant » (Le Sillon de Caulmont) Alors, oui, et sans vous en demander pardon, pour faire place à Dieu et entrer dans sa logique de l’impossible, je vous invite à la prière : Ô Eternel, nous t’en prions garde nos coeurs en ta présence. Nous sommes les mendiants de ta confiance : Tu donnes à chacun ce dont il a besoin : Tu mets ta richesse au secours de notre pauvreté, Ta bonté au secours de nos douleurs, Ton amour au secours de nos manques de joie, Ton éternité au secours de nos pauvres vies. Oui les possibles de nos vies ne sont pas les limites de ta grâce : Tu peux faire toutes choses nouvelles ! Nous te confions cette église locale de Tence, son conseil presbytéral et son nouveau pasteur Hope Nenonene, Qu’en communauté et en communion les uns avec les autres, ils portent ta bonne nouvelle de vie et de liberté, pour ta seule gloire. C’est vrai