4ème semaine de carême

4ème semaine de carême, nous poursuivons notre chemin de carême avec la lecture du livre du collectif Anastasis : Urgence évangélique. En fin d’article tu peux télécharger l’intégralité de ce chemin de carême.

Si « les derniers seront les premiers » constitue la loi constitutionnelle du Royaume, alors les premiers, les déjà inclus, ne sauraient rester indemnes mais sont amenés à être destitués de leur situation de privilège et le chamboulement des places doit susciter de nouvelles formes culturelles. 

Le fascisme n’est pas un ennemi comme un autre pour le christianisme : il en est l’ennemi mortel, parfois intérieur à nous-mêmes, chrétiens et chrétiennes, précisément par sa tentative d’en constituer une image difforme. Le fascisme singe la puissance de communion portée par le Christ, à travers son désir de fusion des individus dans une communauté uniforme produite par le Chef, le Duce, le Führer, l’homme providentiel. Contre cela, la communion chrétienne brise l’homogénéité hégémonique de la communauté et exalte le divers du nous, dans lequel chacun est appelé par son nom personnel. Plus pernicieux encore, le fascisme singe l’invitation paulinienne à devenir un « homme nouveau » (Eph. 4, 24). La nouvelle humanité qu’il dessine se veut plus « virile », plus endurante, plus brute, plus conquérante. La forme de vie à laquelle appelle l’Evangile consiste au contraire à chercher la vie heureuse avec courage et force d’âme, dans la pratique du soin, dans l’humilité et la reconnaissance de ses propres aveuglements, dans la mise à bas des hiérarchies entre les êtres, voire dans l’établissement d’une hiérarchie inverse qui glorifie les humiliés. L’homme nouveau fasciste n’est pas très nouveau, c’est un viriliste à l’ancienne, caricatural, dont chacun sait ce qu’il prépare : la violence. Son retour est d’autant plus insupportable que le dévoilement public, par les luttes féministes, du continent des violences sexistes et sexuelles qui lacèrent le tissu social et les vies familiales, faisait espérer le développement d’une société du soin. Couvrir ce virilisme du manteau du christianisme relève du grotesque. 

Urgence évangélique p. 33-35

carême 2026

Résonance de carême : 

L’évangile est prédication du royaume qui vient. Ce royaume dans les Ecritures est souvent comparé à une table ouverte, à laquelle notre humanité est invitée très largement. Table commune, image de la communion donnée. Table ouverte, le royaume peut aussi être comparé à une maison dont la porte ne se ferme qu’après que les invités y soient toutes et tous entré-e-s. Alors pour participer à ce royaume il nous faut accepter d’être invité. 

Accepter d’être invité, c’est d’abord reconnaître que nous ne sommes pas chez nous. Le royaume est celui de Dieu et nous n’avons pas à vouloir prendre la place sur le trône. C’est encore : accepter d’être les destinataires de la même invitation que les possédés, les lépreux, les prostituées, et toutes les minorités, et tous les exclus. Nous ferons table commune, écho d’une communion donnée entre toutes celles et ceux qui renoncent à toutes prétentions pour entrer dans la tendresse de Dieu. Enfin, accepter d’être invité, c’est se mettre en route pour se rendre là où nous sommes attendus sans savoir si la place d’honneur nous est réservée, mais peu importe car nous serons à la table du roi et nous y serons appelés par notre nom. 

La nouvelle humanité à laquelle nous invite ce royaume n’est pas le fait d’une performance virile, de la soumission à un chef ou d’une participation au pouvoir de quelques-uns comme le sous-tend l’idéal fasciste. Cette nouvelle humanité naît dans le partage, la confiance et l’amour. 

Au delà de cette méditation pour la 4ème semaine de carême tu peux retrouver des méditations et prières ici

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