8 décembre : journée du climat

Le 8 décembre c’est la journée du climat. Créée en 2009 à l’initiative de plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) et célébrée chaque année le 8 décembre, cette journée mondiale du climat vise à sensibiliser aux conséquences du changement climatique et la nécessité d’agir pour en limiter les effets. Au cœur du temps de l’Avent pour les églises chrétiennes, nous partageons cette méditation d’André Gounelle sur la distinction entre l’avenir et le futur pour dire notre espérance :

Espérer signifie attendre quelque chose qui va se produire, se tourner vers ce qui va arriver, regarder à demain. Or, pour parler de ce qui n’appartient ni au présent ni au passé, de ce qui se situe devant nous dans le temps, nous disposons en français de deux termes différents : futur et avenir. En général, nous assimilons ces deux mots, nous les considérons comme totalement synonymes et les employons indifféremment l’un pour l’autre, comme s’ils avaient exactement le même sens. Je crois que nous avons tort, et qu’il importe de les distinguer. 

Futur vient du latin futurus, une forme du verbe être. Le futur représente une modalité de l’être, celle de son évolution naturelle et du développement des potentialités qu’il comporte. Il s’agit de ce qui suit, continue, prolonge le présent et en découle. La science conjecturale et approximative qu’on appelle la futurologie tente, avec des succès divers, de déduire le futur à partir d’une analyse de la réalité actuelle. Le futur, même s’il ne reproduit jamais exactement ce qui le précède, n’apporte pas vraiment du différent. Il déploie les conséquences de ce qui existe. Ainsi, la météorologie, d’après la nature des nuages, la direction des vents, les températures à un moment donné, peut faire des prévisions sur le temps qu’il fera vingt-quatre ou quarante huit heures plus tard. La fleur donne normalement un fruit, de même qu’un enfant grandit et devient adulte. Le présent contient des germes qui conduisent normalement à un futur. Ce qui existe aujourd’hui conditionne en partie ce qui arrivera demain. Le futur désigne donc ce qui sort du présent, ce qui en est la suite discernable. 

Avenir, du latin adventus, désigne ce qui vient vers nous, ce qui nous arrive de l’extérieur. À côté du futur, réalisation des virtualités contenues en germe dans l’être actuel, se produisent des événements inattendus, surprenants, qui viennent troubler en bien ou en mal, le déroulement normal des choses. L’avenir surprend, déjoue calculs et prévisions, fait surgir du nouveau et du différent. Il ouvre des possibilités qui n’existaient pas auparavant et en ferme d’autres que l’on pouvait juger probables. Je peux demain faire une rencontre inopinée qui va changer le cours de ma vie, ou un événement que rien n’annonçait peut venir modifier ma situation. Cela relève de l’avenir que j’ignore, que je ne peux pas deviner, ni maîtriser, que personne ne peut prédire. Pour prendre un exemple, un bébé du tiers monde qui naît aujourd’hui a, hélas, une probabilité de vie très courte et a toutes les chances de mener une vie de dénuement et misère extrêmes. Si une famille occidentale l’adopte, voilà que brusquement un événement vient lui ouvrir une existence et des possibilités autres. Autre exemple, quand en 1859, Henri Dunant, sur le champ de bataille de Solférino, où il s’était rendu pour régler des affaires financières, découvre la souffrance et l’abandon des soldats blessés, sa vie bascule. Il abandonne ses entreprises, et crée la Croix Rouge. Un concours de circonstances, qui pour un autre aurait été insignifiant, le conduit à une activité humanitaire qu’il n’avait jamais imaginé de mener et à laquelle personne n’avait jamais songé. L’avenir ne découle pas du présent comme le futur, il vient déjouer le cours normal des choses, lui donner une orientation autre. L’avenir, c’est ce qu’il y a d’imprévisible dans ce qui arrivera demain.

Lorsqu’on parle de cette irruption de l’inattendu, on pense le plus souvent à l’accident heureux ou malheureux qui vient bouleverser une existence. Il ne faut, toutefois, pas oublier l’action humaine qui joue un rôle non négligeable. En refusant d’accepter, de laisser faire, de subir, de se résigner, on change peu ou prou le cours normal des événements. L’exemple de Dunant, que je citais à l’instant, le montre bien. La volonté, l’intelligence et la persévérance arrivent à transformer les choses, même si elles n’y parviennent que fragmentairement et insuffisamment. L’avenir ne se borne pas à ce qui nous arrive, il naît aussi ce que nous faisons du présent, alors que le futur apparaît comme ce que le présent fait de nous.

Source : http://andregounelle.fr/vie-croyante/esperance.php

Retrouvez cette journée mondiale du climat :

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